Prosper Môquet et Guy Môquet : Tel père, tel fils

Député communiste, Prosper Môquet a été condamné en avril 1940 à 5 ans de prison pour son action en faveur de la Paix avec l'Allemagne nazie.

Membre des Jeunesses communistes, son fils, Guy Môquet, a été arrêté en octobre 1940 pour sa participation à la diffusion de tracts appelant à faire la Paix avec Hitler.

Prosper Môquet et Guy Môquet : tel père, tel fils.


Prosper Môquet

Le 26 septembre 1939, le Conseil des ministres adopte un décret-loi prononçant la dissolution de la Section Française de l'Internationale Communiste (SFIC) autrement dit du Parti communiste français (PCF).

Cette dissolution est la conséquence de sa mobilisation en faveur de l'alliance germano-soviétique et de la Paix avec les nazis.

Les actes marquants de cette mobilisation sont les suivants : 1) approbation du Pacte de non-agression signé le 23 août entre l'URSS et l'Allemagne; 2) soutien à l'entrée des troupes soviétiques en Pologne le 17 septembre; 3) adoption le 21 septembre par son Comité central d'une résolution intitulée "Il faut faire la Paix".

Pour maintenir son activité à la Chambre, le groupe parlementaire communiste décide de changer de nom et de programme : le groupe ouvrier et paysan français succède au groupe communiste.

Le 28 septembre, l'URSS et l'Allemagne signent un Traité de frontières et d'amitié qui organise le partage de la Pologne entre ses deux agresseurs et fonde sur cette double annexion territoriale "le développement et le progrès des relations amicales entre leurs peuples".

Cet accord marque la fin de la Campagne de Pologne. Il est accompagné d'une Déclaration dans laquelle les gouvernements soviétique et allemand affirment que la question polonaise a été réglée par le traité du 28 septembre, s'engagent à faire "des efforts communs" pour "mettre fin à l'état de guerre qui existe entre l'Allemagne d'une part, la France et l'Angleterre d'autre part" et enfin soulignent qu'un échec de leur démarche ferait de la France et de l'Angleterre les "responsables de la continuation de la guerre".

La paix Hitler-Staline repose donc sur l'exigence que l'Angleterre et la France reconnaissent comme un fait accompli le partage de la Pologne entre la Russie soviétique et l'Allemagne nazie.

Le Parti communiste français va apporter son soutien à cette offensive de paix en mobilisant sa dernière tribune légale : son groupe parlementaire. Il entend ainsi démontrer que sa capacité d'action en faveur de la paix avec les nazis n'a pas été altérée par sa dissolution.

C'est dans ce contexte que le 2 octobre, le groupe ouvrier et paysan français remet au président de la Chambre des députés, Edouard Herriot, une lettre dans laquelle il indique que "La France va se trouver incessamment en présence de propositions de paix" et demande en conséquence l'organisation d'un vote du Parlement en faveur d'une "paix juste, loyale et durable que du fond de leur cœur souhaitent tous nos concitoyens".

Plaidoyer pour la Paix, cette lettre illustre aussi le mot d'ordre communiste "l'ennemi est dans notre pays" en accusant la France et l'Angleterre d'être des "fauteurs de guerre impérialistes" et en réservant à l'Allemagne d'Hitler pour seul jugement d'être simplement "en proie à des contradictions internes". En d'autres termes, les responsables de la guerre sont la France et l'Angleterre !!!

Datée du 1er octobre 1939, la lettre au président Herriot est signée au nom du GOPF par Arthur Ramette et Florimond Bonte, président et secrétaire général du groupe parlementaire communiste.

Considérant que cette initiative pacifiste constitue une infraction au décret de dissolution des organisations communistes, la justice militaire engage des poursuites contre tous les membres du groupe ouvrier et paysan français. Parmi les mis en cause : Prosper Môquet.


Arrêté le 10 octobre dans la Manche, Prosper Môquet est transféré le lendemain à Paris pour être présenté au magistrat instructeur, le capitaine de Moissac. Inculpé, le député de la Seine est placé en détention provisoire à la prison de la Santé. Auditionné le 18 octobre, Prosper Môquet approuve le contenu de la lettre au président Herriot (1).

En février 1940, le capitaine de Moissac met un terme à son instruction en rendant une ordonnance dans laquelle il renvoie 44 députés communistes devant le tribunal militaire pour infraction au décret de dissolution.

Plus précisément, il leur est reproché d'avoir enfreint les articles 1 et 2 du décret du 26 septembre 1939 en créant le groupe ouvrier et paysan français et en diffusant de la lettre du 1er octobre 1939. L'article 1 prohibe toute activité ayant pour objet de propager les mots d'ordre de la IIIe Internationale.  L'article 2 interdit de publier tout écrit propageant ces mots d'ordre.

Le procès des 44 députés communistes se déroule du 20 mars au 3 avril 1940 devant le 3e tribunal militaire de Paris. Neuf de ces accusés toujours en fuite seront jugés par contumace. Au nombre de ces absents figure Maurice Thorez, député de la Seine et secrétaire général du PCF, qui s'est réfugié à Moscou après sa désertion en octobre 1939.

Le 3 avril, à la dernière audience, Prosper Môquet réaffirme son soutien à la Paix avec l'Allemagne d'Hitler en approuvant la déclaration prononcée par Françoix Billoux au nom de ses co-accusés :

"Nous sommes poursuivis parce que nous nous sommes dressés et que nous dressons avec la dernière énergie contre la guerre impérialiste qui sévit sur notre pays, parce que nous appelons le peuple à exiger qu'il y soit mis fin par la paix, parce que nous indiquons au peuple de France le moyen de rendre notre pays libre et heureux. [...]
Communistes français. Avec Maurice Thorez, André Marty, Jacques Duclos, et tous nos amis co-inculpés, nous travaillons à la libération de notre pays.
Nous voulons le débarrasser de la guerre.
Nous appelons le peuple à imposer la paix".

Dans la soirée, la justice militaire rend sa décision : 36 députés communistes, dont les 9 accusés en fuite, sont condamnés à 5 ans de prison ferme et 8 à 4 ans de prison avec sursis.

Pour son engagement en faveur de la Paix avec les nazis, Prosper Môquet est condamné à 5 ans de prison, 4 000 francs d'amende et 5 ans de privation de ses droits civiques, civils et de famille.

Il est maintenu en détention avec 26 de ses camarades. Quant aux 8 sursitaires, ils ne sont pas libérés mais internés administrativement.


A la suite de l'offensive allemande de mai 1940, les 27 députés communistes incarcérés à la prison de la Santé sont transférés dans divers centre de détention avant de finir à la prison du Puy-en-Velay en zone non-occupée.

C'est depuis ce lieu de détention que le 19 décembre 1940 François Billoux écrit au nom de ses 26 co-détenus à "Monsieur le Maréchal Pétain, chef de l'Etat Français".

Dans cette lettre adressée au signataire de l'armistice franco-allemand et au fondateur du Régime de Vichy, François Billoux formule une demande de libération et une offre de service

1) "Si vous voulez donc en finir avec les mensonges, monsieur le Maréchal, il faut aussi libérer immédiatement tous les communistes et les seuls députés qui se sont dressés contre la guerre".

2) "Étant donné que rien n'a été publié sur les débats en huis-clos de notre procès, où nous avions dénoncé les vrais fauteurs de guerre, je demande à être entendu comme tous mes amis, en qualité de témoin par la Cour suprême de Riom".

Installée à Riom, la Cour suprême de Justice a été créée juillet 1940 par le Régime de Vichy pour juger les responsable de la guerre. Cette juridiction d'exception a engagé des poursuites notamment contre deux anciens présidents du Conseil : Edouard Daladier, radical-socialiste, et Léon Blum, socialiste. Signalons que Daladier était le chef du gouvernement qui a dissous le PCF.

Comme pour les précédentes lettres qu'il a reçues de députés communistes, le Maréchal Pétain ne donnera aucune suite à la missive de François Billoux.

En mars 1941, les 27 députés communistes détenus au Puy-en-Velay sont transférés à la prison de Maison-Carrée en Algérie. Ils sont libérés en février en 1943 à la suite de deux événements majeurs : 1) l'invasion de l'URSS par les armées allemandes le 22 juin 1941 qui a fait basculer le PCF dans la Résistance; 2) le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord de novembre 1942 qui a libéré ce territoire de la tutelle de Vichy. 

Libérés pour des motifs politiques et sans aucune base juridique, les députés communistes sont finalement amnistiés - comme tous les communistes condamnés par les tribunaux de la République pour leur engagement en faveur de la Paix avec l'Allemagne nazie - par l'ordonnance du 1er juillet 1943, signée par C. de Gaulle et H. Giraud au nom du Comité Français de la Libération Nationale (CFLN) : "Sont amnistiés : 1° - toutes les infractions prévues par le décret-loi du 26 septembre 1939".


(1) Le Populaire du 19 octobre 1939.


Guy Môquet

Membre d'une cellule des Jeunesses communistes du 17e arrondissement de Paris, Guy Môquet, âgé de 16 ans, est arrêté par la police française le 13 octobre 1940 pour infraction au décret du 26 septembre 1939 prononçant la dissolution du Parti communiste.
 
Jugé en janvier 1941 par le Tribunal correctionnel de Paris, Guy Môquet est acquitté - contrairement à ses trois camarades visés par la même instruction - au motif qu'il a agi sans discernement. Maintenu administrativement en détention, il est interné en mai 1941 au Centre de séjour surveillé de Choisel situé à Châteaubriant.


Avant son arrestation, Guy Môquet a participé à la diffusion des textes publiés par les Jeunesses communistes dans lesquelles elles appelaient à la constitution d'un... Gouvernement de Paix dirigé par le Parti communiste.

Pour illustrer cette ligne pacifiste, on citera les deux tracts les plus importants de cette période et deux numéros de son organe central, l'Avant-Garde :

1) Appel à la "Jeunesse de France" de juillet 1940.

La Fédération des Jeunesses Communistes de France signe en juillet 1940 un Appel à la "Jeunesse de France" dans lequel elle appelle la jeunesse française à se mobiliser pour la constitution d'un "Gouvernent du Peuple" en soulignant qu'il est le "seul capable" de négocier la "Paix" avec Hitler :

"Assez de tous les vieux boniments ! Assez de tous ceux qui aujourd'hui rangés derrière PÉTAIN et son LAVAL, étaient hier derrière DALADIER. Silence aux lâches et aux chiens couchants. Seuls ont le droit de parler ceux qui, en pleine guerre, ont eut le courage de lever le drapeau de la paix.  [...]

JEUNES GENS DE FRANCE UNISSEZ-VOUS POUR EXIGER :

LA LIBÉRATION DE TOUS CEUX QUI ONT ÉTÉ EMPRISONNÉS POUR AVOIR DÉFENDU LA PAIX.

LE CHÂTIMENT DES RESPONSABLES DE LA GUERRE ET DE LA DÉFAITE.
[....]

JEUNES DE FRANCE UNISSEZ-VOUS POUR EXIGER :

LA CONCLUSION D'UN PACTE D’AMITIÉ ENTRE LA FRANCE ET L'UNION SOVIÉTIQUE.

LA CONSTITUTION D'UN GOUVERNEMENT DU PEUPLE AU SERVICE DU PEUPLE, SEUL CAPABLE DE RELEVER LA FRANCE ET D'ASSURER LA PAIX DANS LA LIBERTÉ ET L’INDÉPENDANCE DE NOTRE PAYS
."
 (1)
.
2) Tract "Nous avions raison !" de septembre 1940 :

En septembre 1940, pour marquer le "douloureux anniversaire" de la déclaration guerre à l'Allemagne d'Hitler, la Fédération des Jeunesses Communistes de France publie un tract intitulé "Nous avions raison !" :

"IL Y A UN AN : 23 AOUT 1939 : L’Union soviétique, le Grand Pays du socialisme triomphait et signait avec l’Allemagne un pacte de non-agression déjouant ainsi les manœuvres de guerre des impérialistes Franco-Anglais qui voulaient jeter l’Allemagne en guerre contre l’URSS afin de rétablir à leur profit le capitalisme au pays des Soviets, d’anéantir la classe ouvrière internationale et de réaliser leur plan de conquêtes impérialistes.
Il Y A UN AN : 2 SEPTEMBRE 1939 : Sans consulter la Nation, Daladier-Reynaud à la solde de la Cité de Londres, déclarent la guerre, jetant le Peuple de France et sa jeunesse dans la plus ignoble des tueries.
IL Y A UN AN : la Jeunesse Communiste guidée par le Grand Parti Communiste et son chef Maurice Thorez, approuvait le pacte germano-soviétique facteur de Paix, et se dressait contre cette guerre odieuse déchaînée par les 200 familles. Les Députés Communistes dans une lettre à Herriot, pour laquelle on les inculpa, réclamaient la Paix. [...]

MAIS MAINTENANT LA JEUNESSE COMPREND !
Elle sait que seuls les communistes se sont dressés avec courage et abnégation contre cette guerre injuste, malgré la terreur policière. Elle salue le courage admirable des jeunes communistes et de tous les emprisonnés pour la Paix qui souffrent encore dans les prisons et les camps, et ELLE EXIGE LEUR LIBÉRATION IMMÉDIATE. [...]

JEUNES DE FRANCE ! En ce douloureux anniversaire, UNISSEZ-VOUS SOUS LE DRAPEAU DU COMMUNISME, derrière, SES CHEFS AIMES, M. THOREZ, J. DUCLOS, A. MARTY, Benoit FRACHON, Marcel CACHIN, R. GUYOT.

C'EST LA VOIE DU SALUT POUR NOTRE JEUNE GENERATION !

REJOIGNEZ LES RANGS DE LA JEUNESSE COMMUNISTE. [...]

AVEC ELLE EXIGEZ :

La libération de tous ceux qui ont lutté pour la Paix. [...]
La Constitution d'un gouvernement du Peuple, seul capable d'assurer la Paix dans l'indépendance et de conduire la Jeunesse vers un monde meilleur." (2)

Outre la revendication d'un "Gouvernent du Peuple", le "seul capable" de négocier la "Paix" avec Hitler, ce tract de septembre 1940 célèbre l'action pacifiste des Jeunesse communistes pendant la guerre franco-allemande de 1939-1940 avec les éléments suivants :

Condamnation "des impérialistes franco-anglais" qui étaient pour les communistes les responsables de la guerre. Apologie du "pacte germano-soviétique facteur de paix". Dénonciation du gouvernement de la République avec les arguments suivants : il était "à la solde de la Cité de Londres", il a jeté "le Peuple de France et sa jeunesse dans la plus ignoble des tueries" et enfin il a déclaré la guerre à l'Allemagne nazie "sans consulter la Nation". Eloge de "la Jeunesse communiste" qui s'est dressée contre "cette guerre odieuse". Hommage au "courage" et à l' "abnégation" des communistes qui ont été les "seuls" à lutter contre cette "guerre injuste". Dénonciation de la "terreur policière" autrement dit de la répression mise en en œuvre par le gouvernement républicain contre les militants communistes qui défendaient la Paix avec l'Allemagne nazie. Enfin demande de "libération immédiate" de ces "emprisonnés pour la Paix" parmi lesquels figure Prosper Môquet.

Par son contenu, ce tract est pacifiste, anti-républicain et anglophobe.

3) L'Avant- Garde

Pacifistes, les Jeunesses communistes ont même appelé les jeunes français à fraterniser avec les soldats allemands comme le prouve l'Avant-Garde n° 16 de juillet 1940 :

"L'OUVRIER ALLEMAND SOUS L'UNIFORME N'EST PAS VOTRE ENNEMI, CAUSEZ AVEC LUI".

L'organe central des Jeunesses communistes justifie sa démarche en reprenant la thèse du Parti à savoir que les soldats allemands ne sont pas des envahisseurs mais des prolétaires avec lesquels il faut s'unir pour combattre l'ennemi commun : le capitalisme.

Daté du jour de... l'arrestation de Guy Môquet, l'Avant-Garde n° 20 du 13 octobre 1940 présente la particularité de condamner le Général de Gaulle et son projet de libérer la France par les armes :

Extrait n° 1 : 

"Et maintenant les Doriot, les Gitton et les De Gaulle voudraient nous faire recommencer la guerre au profit d'une des nations belligérantes.
Comme le disait Vaillant-Couturier Jeunesse de France, UNISSONS-NOUS POUR L'INDEPENDANCE DE LA FRANCE ET POUR LA PAIX." 

Extrait n° 2 : 

"La Jeunesse de France ne veut faire la guerre ni pour De Gaulle, ni pour les maîtres de Doriot, elle veut la Paix dans l'indépendance."


Le 22 juin 1941, l'Allemagne est en mesure d'envahir l'Union soviétique en raison de leur frontière commune issue de leur partage de la Pologne en septembre 1939. Cette attaque marque la fin de l'alliance germano-soviétique dont le fondement était le Pacte de non-agression du 23 août 1939 et le Traité de frontières et d'amitié du 28 septembre 1939.

Pour sa défense l'URSS peut compter sur le soutien de l'Internationale communiste qui mobilise immédiatement ses membres.

La Section Française de l'Internationale Communiste (SFIC) autrement dit le Parti Communiste Français (PCF) reçoit ses Instructions dans un télégramme du 25 juin 1941 co-signé par son secrétaire général, Maurice Thorez, qui s'est réfugié en Russie après sa désertion en octobre 1939 :

"Le moment est venu rechercher et organiser contacts directs avec mouvement gaulliste, dont partisans comprennent que lutte héroïque peuple soviétique contre agression hitlérienne répond intérêts peuple français et que libération France est liée à victoire Union soviétique. Collaboration doit s'établir sur la base suivante. Lutte commune pour libération nationale. Efforts communs contre ennemi commun, le fascisme allemand".  (3)

C'est sur la base de ces instructions que le Parti communiste s'engagera dans la lutte contre l'occupant allemand.

Premier acte marquant de la Résistance communiste : l'exécution le 21 août à Paris d'un officier allemand, l'aspirant Moser. En représailles, six militants communistes sont exécutés. Les trois premiers ont été condamnés à mort en août par la Section spéciale de Paris, les trois autres en septembre par le Tribunal d'Etat.

Le 20 octobre, c'est le Feldkommand Hotz qui est tué à Nantes. A titre de représailles, les autorités allemandes décident de fusiller 48 otages sélectionnés parmi les internés et les prisonniers. Cette sélection est faite en partie avec la complicité du ministre de l'Intérieur de Vichy, Pierre Pucheu.

Ces otages - principalement des communistes - sont fusillés le 22 octobre dans trois lieux distincts : 27 à Châteaubriant dont Guy Môquet, alors âgé de 17 ans, 16 à Nantes et 5 à Paris.

Victime des représailles allemandes, Guy Môquet est élevé immédiatement au rang de Résistant dans la propagande communiste avec un double objectif : inciter les jeunes français à rejoindre la Résistance communiste et faire oublier le pacifisme du PCF dans la période antérieure au 22 juin 1941 en soulignant que le "résistant" Guy Môquet a été arrêté en octobre 1940.

Signalons qu'avant la date du 22 juin 1941, le héros de la Jeunesse communiste s'appelait Jean Rieu et qu"il était célébré parce qu'il avait été condamné en janvier 1941 à 20 ans de prison pour sa lutte en faveur de.. la Paix avec les nazis.

Héros de la Résistance pour le PCF, Guy Môquet bénéficiera même d'une reconnaissance officielle puisqu'à titre posthume il sera décoré de la médaille de la Résistance le 28 décembre 1944, cité à l'ordre de Nation le 13 septembre 1946 et enfin fait chevalier de la Légion d'honneur le 17 novembre 1946 !!!

Autre incongruité, en 2007, à l'initiative d'un gouvernement conservateur, il lui sera rendu hommage dans toutes les écoles de la République avec notamment la lecture de la lettre qu'il avait rédigée à l'attention de ses parents avant son exécution. Il a sûrement été jugé préférable de ne pas lire les textes que Guy Môquet avait diffusés pendant l'occupation allemande.


Militant des Jeunesses Communistes célébré officiellement comme un héros de la Résistance française, Guy Môquet n'a jamais résisté, a défendu comme son père la Paix avec l'Allemagne nazie et est mort pour Staline !!!


(1) Un exemplaire du tract "Jeunesse de France !" est publié sur le site Pandor.
(2) Un exemplaire du tract "Nous avions raison !" est publié sur le site Pandor.
(3) B. Bayerlein, M. Narinski, B. Studer, S. Wolikow, Moscou, Paris, Berlin. Télégrammes chiffrés du Komintern, 1939-1941, 2003, pp. 441-442

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