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Juin 1941

8 juin 1941

● L'Angleterre et la France Libre lancent une offensive en Syrie et au Liban qui sont des territoires contrôlés par Vichy


13 juin 1941

● Article "A bas la guerre impérialiste"

"Depuis le 8 juin dernier, date de l'entrée des troupes anglaises et des soldats  de  de  Gaulle  en Syrie et au Liban, le sang français coule."

(L'Humanité n° 117 du 13 juin 1941)


20 juin 1941

● Article "Le Parti communiste vit, il lutte, il vaincra"

"Quel hommage nous rend ainsi le vieux Maréchal traître et profiteur de la défaite, mais ce vieux criminel aux mains rouges de sang n'a pas dit un mot de la Syrie, de cette guerre dans laquelle il fait tuer des enfants de France pour l'Allemagne, de même que de Gaulle et Catroux font tuer d'autres français pour l'Angleterre."

(L'Humanité n° 118 du 20 juin 1941)

Dans son numéro du 20 juin 1941, l'Humanité clandestine dénonce dans sa manchette la guerre de Syrie en accusant le Maréchal Pétain et le Général de Gaulle de faire couler le sang français au profit de l'Allemagne pour le premier et de l'Angleterre pour le second :

"Les traitres de Vichy font tuer des français en Syrie pour l'Allemagne, tandis que de GAULLE et CATROUX en font tuer d'autres pour l'Angleterre !"

Cette accusation est reprise dans l'article "Le Parti communiste vit, il lutte, il vaincra".

L'Humanité du 20 juin 1941 atteste que le Général de Gaulle est toujours considéré par le Parti communiste comme un ennemi. Le 25 juin 1941, soit 5 jours après la parution de ce numéro, les communistes recevront de Moscou l'ordre de s'allier avec le mouvement gaulliste. Entre ces deux dates : l'invasion de l'URSS par les armées allemandes.


22 juin 1941

● L'Allemagne attaque l'URSS


25 juin 1941

● L'IC envoie des Instructions au PCF

"Le moment est venu rechercher et organiser contacts directs avec mouvement gaulliste, dont partisans comprennent que lutte héroïque peuple soviétique contre agression hitlérienne répond intérêts peuple français et que libération France est liée à victoire Union soviétique. Collaboration doit s'établir sur la base suivante. Lutte commune pour libération nationale. Efforts communs contre ennemi commun, le fascisme allemand".

B. Bayerlein, M. Narinski, B. Studer, S. Wolikow,  Moscou, Paris, Berlin. Télégrammes chiffrés du Komintern, 1939-1941, 2003, pp. 441-442

Le 22 juin 1941, l'Allemagne est en mesure d'envahir l'Union soviétique en raison de leur frontière commune issue de leur partage de la Pologne en septembre 1939. Cette attaque marque la fin de l'alliance germano-soviétique dont le fondement était le Pacte de non-agression du 23 août 1939 et le Traité de frontières et d'amitié du 28 septembre 1939.

On fera remarquer que sans cette initiative d'Hitler les communistes auraient été les alliés des nazis jusqu'en 1954 aux termes de l'article 6 du Pacte germano-soviétique :

"Le présent traité est conclu pour une durée de dix ans avec cette stipulation que, si l'un des deux contractants ne le dénonce pas une année avant l'expiration de ce délai, la durée de la validité de ce traité sera considérée comme prolongée automatiquement pour une période de cinq ans."

Pour sa défense l'URSS peut compter sur le soutien de l'Internationale communiste qui mobilise immédiatement ses membres.

La Section Française de l'Internationale Communiste (SFIC) autrement dit le Parti Communiste Français (PCF) reçoit ses Instructions dans un télégramme du 25 juin 1941 co-signé par Maurice Thorez. 

Dans ce télégramme, Moscou recommande aux communistes français de "rechercher et organiser contacts directs avec mouvement gaulliste" pour combattre ensemble un "ennemi commun : le fascisme allemand".

Appelé à lutter contre l'occupant allemand, le Parti communiste ne qualifiera plus la guerre contre l'Allemagne nazie d'impérialiste. Elle sera désormais analysée comme une guerre anti-fasciste. Il abandonnera son projet de former un Gouvernement de Paix. Son programme pacifiste intitulé "Pour le salut du Peuple de France" deviendra donc caduc et ce grâce à l'action... de Hitler. Enfin,  il n'accusera plus le Général de Gaulle d'être un traître au service de l'impérialisme anglais. Il le célèbrera comme un patriote qui se bat pour libérer son pays de la barbarie nazie avec le soutien de l'héroïque Angleterre.

Le Parti communiste s'engage dans la lutte contre l'occupant allemand dans le but de libérer sa patrie : l'Union soviétique.

Preuve que cet objectif est bien celui des communistes, l'IC précise que "libération France est liée à victoire Union soviétique" autrement dit la libération de la France sera la conséquence de celle de l'Union soviétique. La première est donc subordonnée à la seconde.

Tous ces éléments imposent de faire une claire distinction entre Résistance française et Résistance communiste. La première fondée par le Général de Gaulle en juin 1940 avait pour objectif de libérer le territoire national. La seconde initiée par le PCF en juin 1941 était un soutien à l'effort de guerre soviétique.

La création par les communistes de structures non partisanes ayant pour objectif la libération de la France ne sera qu'une tactique visant à recruter des Français pour combattre les Allemands. L'objectif stratégique sera toujours le même.

Enfin, l'entrée du Parti communiste dans la Résistance marque la fin de sa période pacifiste. Cette période (septembre 1939 - juin 1941) permet d'illustrer sa totale servitude à l'IC et donc aux intérêts de l'URSS. 

En effet, il a approuvé le Pacte germano-soviétique à la suite des Instructions de l'IC du 22 août 1939. Il a dénoncé la guerre impérialiste menée contre l'Allemagne nazie après avoir reçues celles du 9 septembre 1939. Enfin, c''est sur les ordres de Moscou du 25 juin 1941 qu'il s'engage dans la lutte contre l'occupant allemand.