Tract "Il y a des comptes à régler" du 18 juin 1940

Le 18 juin 1940, soit quatre jours après l'entrée des Allemands dans Paris, le Parti communiste diffuse un tract intitulé "Il y a des comptes à régler" dans lequel il appelle les parisiens à se mobiliser pour.... "châtier et faire payer les responsables des désastres de la France".

Ces responsables sont "tous les politiciens qui ont jeté les députés communistes en prison et les ont déchus de leur mandat parce que, dès le début de la guerre, ils avaient eu le courage de réclamer la paix" ainsi que "les ploutocrates des 200 familles qui ont livré la France aux banquiers anglais".

Tiré à 7 000 exemplaires, ce tract pacifiste, anti-républicain et anglophobe a été rédigé par Jacques Duclos, chef du Parti communiste clandestin.

Ne contenant aucune attaque contre les Allemands, le tract "Il y a des comptes à régler" sera même soumis à la censure de la Propaganda Staffel le 20 juin 1940 dans le but d'être publié dans le premier numéro de l'Humanité légale.


Jacques Duclos

La signature du traité de frontières et d'amitié germano-soviétique du 28 septembre 1939 a mis fin à la guerre germano-polonaise en organisant le partage de la Pologne entre l'URSS et l'Allemagne.

Considérant qu'avec la disparation de l'Etat polonais il n'y avait plus de motif de guerre entre la France et l'Allemagne, le groupe parlementaire communiste a remis au président de la Chambre une lettre en date du 1er octobre 1939 dans laquelle il demandait l'organisation d'un vote du Parlement en faveur d'une "paix juste et durable".

A la suite de cette initiative pacifiste, la justice militaire a engagé des poursuites contre les députés communistes pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939 prononçant la dissolution du PCF.

Secrétaire du PCF, député de la Seine, Jacques Duclos s'est alors réfugié à Bruxelles où il a mis en place une direction communiste. Particularité de la capitale belge : la présence d'une antenne de l'IC qui était dirigée par Eugen Fried et dont la mission était de contrôler les partis communistes d'Europe occidentale.

Sur les instructions de l'IC, Jacques Duclos est rentré a Paris le 15 juin 1940, soit le lendemain de l'entrée des troupes allemandes dans capitale, en compagnie de Maurice Tréand, membre du Comité central et responsable de la Commission des cadres.

En raison des absences de Maurice Thorez - le secrétaire général du PCF avait rejoint Moscou après sa désertion en octobre 1939 - et de Benoit Frachon - responsable du Parti depuis octobre 1939, il avait quitté la capitale avant l'arrivée des Allemands - Jacques Duclos a pris dès son retour la direction du Parti communiste clandestin.


Rapports à l'IC

Le 30 juin 1940, Jacques Duclos rédige pour l'IC un rapport co-signé par Maurice Tréand dans lequel il détaille l'action du Parti communiste depuis sa prise de fonction.

Ce rapport indique que le tract "Il y a des comptes à régler" et l'Humanité n° 56 du 19 juin 1940 sont les deux premiers textes diffusés par le Parti après son arrivée à Paris :

"Dès notre arrivée à Paris nous avons cherché la liaison avec le Parti, mais Grégoire [pseudonyme de Maurice Tréand] chercha en vain toute la journée du 16 juin, et le lendemain 17 à défaut de trouver la direction régionale il put entrer en contact avec les organisations de quatre arrondissements (7ème, 8ème, 10ème et 11ème). Sans perdre de temps, nous avons rédigé un tract « Il y a des comptes à régler » qui fut tiré à 7 000 exemplaires et distribué par ces organisations. En outre nous avons édité tout de suite un n° de l'Humanité ronéotypé dont la diffusion fut assurée avec le concours de la direction régionale qui, entre temps, avait pu être touchée". (1)

On retrouve les même informations dans sa lettre du 2 juillet 1940 adressée à Eugen Fried :

"Nous avons le surlendemain de notre arrivée trouvé notre organisation, nous avons pris des mesures pour assurer la publication d'un tract : « Il y a des comptes à régler » et un numéro de « l'Huma » ronéotypé"(2)

Au vu de ces éléments, on peut soutenir que le tract "Il y a des comptes à régler" a été rédigé par Jacques Duclos le 17 juin 1940 et qu'il été diffusé le lendemain dans la capitale à 7 000 exemplaires grâce à la mobilisation des militants communistes de quatre arrondissements parisiens.

Signalons que ce tract a été signé "La Région Paris-Ville du Parti Communiste Français" parce qu'il s'adressait au "Peuple de Paris".

Quand à l'Humanité n° 56 du 19 juin 1940, elle a été préparée le 18 juin avant d'être distribuée le lendemain avec le concours de la direction régionale.

(1) Cahiers d'histoire de l'I.R.M, n° 52-53, 1993, p. 194.
(2) Cahiers d'histoire de l'I.R.M, n° 52-53, 1993, p. 204.


Tract "Il y a des comptes à régler"

En septembre 1939, le Parti communiste s'est opposé à la guerre contre l'Allemagne d'Hitler en expliquant que la guerre était impérialiste et que sa cause n'était pas le nazisme mais le capitalisme.

La guerre étant injuste, il s'est mobilisé pour la Paix en précisant que seule la destruction du régime capitaliste pouvait en garantir la pérennité.

Pour mettre fin au conflit, le Parti communiste a "révélé" au Français que les responsables de la guerre étaient la France et l'Angleterre et qu'Hitler n'était qu'un pacifiste. Il a soutenu les propositions de paix allemandes du 6 octobre 1939. Il a appelé au renversement du gouvernement français en l'accusant d'être fasciste parce qu'il refusait de faire la Paix avec les nazis. Il a expliqué aux soldats que les véritables ennemis n'étaient pas les Allemands mais les bellicistes français. Enfin, il s'est engagé dans le défaitisme révolutionnaire en appelant les ouvriers à saboter les fabrications de guerre.

Le publication le 18 juin 1940 à Paris du tract "Il y a des comptes à régler" s'est faite dans le contexte suivant : Paris était occupé par les armées allemandes depuis le 14 juin. A Bordeaux, le Maréchal Pétain avait succédé dans la soirée du 16 juin à Paul Reynaud à la tête du gouvernement français. Le lendemain, il était entré en contact avec le gouvernement allemand pour négocier un armistice.

Par son contenu ce tract illustrait parfaitement la ligne la ligne anti-républicaine, anglophobe et pacifiste que le Parti communiste avait adopté dès septembre 1939.

Exigeant le châtiment des responsables de la guerre, le tract "Il y a des comptes à régler" dénonçait nommément trois dirigeants de la IIIe République :

"Oui, IL Y A DES COMPTES A REGLER avec les Daladier, Reynaud, Mandel et consorts, qui ont laissé les soldats français sans avions alors qu'ils en envoyaient en Finlande combattre l'URSS."

Membre du Parti radical-socialiste, Edouard Daladier avait été président du Conseil d'avril 1938 à mars 1940.

Son successeur, Paul Reynaud, membre de l'Alliance démocratique, avait dirigé le gouvernement français de mars à juin 1940.

Homme politique de droite, Georges Mandel avait été ministre des colonies d'avril 1938 à mai 1940 puis de l'Intérieur de mai à juin 1940. Il a été régulièrement dénoncé par les communistes pour son action à la tête du ministère de l'Intérieur :  "La terreur policière devait atteindre son paroxysme lorsqu'au mois de mai 1940 Mandel devint ministre de l'Intérieur." (Brochure "Le Parti communiste a vingt ans" de janvier 1941) - "M. Mandel, promu ministre de l'Intérieur, le 17 mai, dirigeait l'orchestre qui hurlait à la mort contre les communistes." (Brochure "Nous accusons" de janvier 1941).

Outre leur bellicisme, le Parti communiste dénonçait leur responsabilité dans l'aide militaire que la France avait fourni à la Finlande après son agression par l'URSS en affirmant qu'elle s'était faite au détriment des armées françaises.

Cette accusation faisait une référence spécifique aux "avions" avec un objectif précis : faire oublier que des ouvriers communistes avaient été condamnés à la peine de mort en mai 1940 pour les sabotages de moteurs d'avion commis à l'usine Farman en région parisienne.

Illustration de la thèse communiste selon laquelle la France n'avait déclaré la guerre à l'Allemagne que par soumission à l'impérialisme anglais, la dénonciation des "banquiers anglais" : 

"Oui, IL Y A DES COMPTES A REGLER avec les ploutocrates des 200 familles qui ont livré la France aux banquiers anglais."

Enfin, le Parti communiste célébrait son pacifisme en rappelant notamment l'initiative des députés communistes à la fin de la Campagne de Pologne : 

"Oui, IL Y A DES COMPTES A REGLER avec tous les politiciens qui ont jeté les députés communistes en prison et les ont déchus de leur mandat parce que, dès le début de la guerre, ils avaient eu le courage de réclamer la paix."


Négociations pour la reparution de l'Humanité

Le 18 juin 1940, jour de l'Appel de Général de Gaulle, le Parti communiste engage des négociations avec les Allemands pour obtenir la légalisation de l'Humanité. 

La publication de l'organe central du PCF a été suspendue le 26 août 1939 par un arrêté du ministre de l'Intérieur, Albert Sarraut. Cette suspension avait pour base juridique le décret-loi du 24 août 1939 autorisant la suspension de tout journal dont "la publication (était) de nature à nuire à la défense nationale". Elle était motivée par le soutien que le journal communiste avait apporté au Pacte germano-soviétique dans son numéro du 25 août 1939.

En accord avec Jacques Duclos, responsable du Parti communiste clandestin, Maurice Tréand, son principal adjoint, confie cette mission à Denise Ginollin.

Le choix d'une militante qui de surcroît s'est présentée aux Allemands comme une représentante des communistes parisiens avait pour objectif de garantir à la direction centrale du Parti communiste de ne pas être compromise par cette démarche.

Le premier contact de Denise Ginollin avec la Propaganda Staffel Frankreich, située au 12 boulevard de la Madeleine, n'est pas concluant. On l'invite toutefois à revenir le lendemain.

Le 19 juin, elle est cette fois reçue par un officier - le lieutenant Weber - qui lui indique qu'en principe rien ne s'oppose à la publication de l'Humanité. Toutefois, ajoute-t-il, il ne peut se prononcer de son propre chef et lui demande en conséquence de se présenter le lendemain pour connaître sa décision.

Le 20 juin, les deux parties se rencontre brièvement le matin avant de se retrouver à 16 heures pour une réunion au cours de laquelle le lieutenant Weber annonce à Denise Ginollin que l'Humanité est autorisée à paraître.

A 18 heures, la militante communiste est de retour au service de presse de la Kommandantur pour soumettre au visa de la censure les textes que lui a remis Maurice Tréand.

On mentionnera quatre de ces textes. Tout d'abord le tract "Il y a des comptes à régler" et l'Humanité n° 56 du 19 juin 1940. Ces deux textes présentent la particularité d'avoir été diffusés clandestinement avant le 20 juin.

Ensuite, un numéro zéro de l'Humanité légale : l'Humanité du mercredi 19 juin 1940. Ce numéro se compose d'un "communiqué officiel allemand" et de six articles illustrant la ligne pacifiste, anglophobe et anti-républicaine du Parti communiste : "Vive Paris", "Il faut libérer les défenseurs de la paix", "Le nouveau gouvernement", "Négociations de paix", "Vive l'URSS", "Dans les communes de banlieue"

Enfin, la maquette manuscrite du 1er numéro de l'Humanité légale qui a été rédigée par Jacques Duclos. Sur la forme, cette maquette porte la mention "Organe central du Parti communiste français" autrement dit ce journal autorisé par les Allemands sera sans aucune équivoque la tribune officielle du Parti communiste. Sur le fond, elle annonce six rubriques : "Vive l'Humanité", "Vive Staline", "Libération des communistes emprisonnés avec le nom des députés", "Travailleurs unis de l'Humanité", "Formez vos comités populaire", "Libérez les militants syndicalistes". La manchette de ce premier numéro est une condamnation des responsables de la guerre : "Les responsables doivent être châtiés !". (1)

En raison des modifications demandées, Denise Ginollin doit revenir à 22 heures pour obtenir le visa définitif du lieutenant Weber.

Elle ne peut honorer ce rendez-vous capital en raison de son arrestation par la police française à 20 heures 30 près du Métro Saint-Martin en compagnie de Maurice Tréand et de Jeanne Schrodt.

Les trois militants communistes sont suspectés de vouloir reprendre la publication imprimée de l'Humanité et d'avoir participé à la diffusion du tract "Il y a des comptes à régler" et de l'Humanité du 19 juin 1940 en violation des décrets-loi du 24 août 1939 et du 26 septembre 1939.

Signalons que le contenu des PV publiés ne permet pas d'affirmer avec certitude si l'accusation porte sur l'Humanité du mercredi 19 juin 1940 ou l'Humanité n° 56 du 19 juin 1940. Ces deux documents ayant été saisi par la police au moment de l'interpellation.

Sans nouvelles de Denise Ginollin, le lieutenant Weber informe l'Etat-major que l'Humanité ne paraîtra pas le lendemain : "Le 20 juin à 23 heures, l'envoyé de l'Humanité n'ayant pas présenté les modifications demandées, ce journal ne paraîtra pas le 21 juin". (6)

C'est donc l'intervention de la police française qui a empêché la parution du premier numéro de l'Humanité sous censure allemande !!!

Auditionné le lendemain, les trois suspects contestent formellement la seconde accusation : 

- Denise Ginollin : "J'ignore dans quelles conditions ont été établis le tract "Il y a des comptes à régler" et l'exemplaire du journal l'Humanité, portant la date du 19 juin 1940. Je n'ai concouru ni à leur établissement, ni à leur diffusion" (2);
- Maurice Tréand : "Je ne connais pas le tract « Il y a des comptes à régler », ni le numéro du journal l'Humanité du mercredi 19 juin. Je n'ai participé ni à leur établissement, ni à leur diffusion" (3);
- Jeanne Schrodt : "J'ignorais l'existence du tract « Il y a des comptes à régler » et du numéro de l'Humanité du 19 juin 1940. Je n'ai donc pu participer à leur établissement non plus qu'à leur diffusion" (4).

En s'appuyant sur le PV de saisie énumérant les document trouvés en possession de Densie Ginolin, on peut établir sans aucune contestation possible que la militante communiste a soumis à la censure du lieutenant Weber le texte du tract "Il y a des comptes à régler" :

"1° Un billet signé « Léo » commençant par les mots « Je t'envoie du texte et quelques indications....» et contenant le passage suivant : « On pourrait s'il y a de la place publier le texte du tract : il y a des comptes à régler ».
2° Deux feuillets manuscrits portant le texte du tract « Il y a des comptes à régler »". (5)

Dans ce billet saisi, Jacques Duclos (Léo) donne des instructions à Maurice Tréand concernant la publication du premier numéro de l'Humanité légale. Il demande explicitement de faire publier dans ce premier numéro le texte du tract "Il y a des comptes à régler". Cette d'ailleurs pour cette raison que Denise Ginollin est en possession de deux feuillets manuscrits reproduisant le texte de ce tract.


(1) Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, Juin 40, la négociation secrète, 2006, p. 50.
(2) Raymond TournouxJournal Secret, 1975, p 207.
(3) Ibid., pp. 215-216.
(4) Ibid., p. 288.
(5) Ibid., p. 281.
(6) Jean-Pierre Besse, Claude Pennetier, op. cit., p. 57.


Document 1 :

Tract "Il y a des comptes à régler"
du 18 juin 1940

IL Y A DES COMPTES A REGLER


Tandis que nos soldats trahis sont écrasés par l'énorme matériel des troupes allemandes,

Tandis que de longues colonnes de réfugiés errent sur les routes, comme aux plus sombres périodes de l'Histoire de l'Humanité,

Tandis que tant de foyers où s'abritaient de fragiles bonheurs ont été détruits,

Tandis que des milliers de blessés souffrent dans les hôpitaux,

Tandis que de vieilles mamans, des épouses, des enfants, pleurent ceux qui ne reviendront plus,

Le peuple de France, ouvrant désormais les yeux et conscients d'avoir été trompé par une bande de malfaiteurs publics, pense qu'il y a des comptes à régler.

Oui, IL Y A DES COMPTES A REGLER avec les Daladier, Reynaud, Mandel et consorts, qui ont laissé les soldats français sans avions alors qu'ils en envoyaient en Finlande combattre l'URSS.

Oui, IL Y A DES COMPTES A REGLER avec tous les politiciens qui ont jeté les députés communistes en prison et les ont déchus de leur mandat parce que, dès le début de la  guerre, ils avaient eu le courage de réclamer la paix.

Oui, IL Y A DES COMPTES A REGLER avec les chefs militaires incapables et traîtres qui ont entraîné le pays à la guerre dans un scandaleux état d'impréparation, alors que tant de milliards avaient été dépensés pour la défense nationale dirigée depuis 4 ans par Daladier

Oui, IL Y A DES COMPTES A REGLER avec les ploutocrates des 200 familles qui ont livré la France aux banquiers anglais.

Oui, IL Y A DES COMPTES A REGLER avec tous ceux dont la politique a abouti à l'occupation de Paris, à la défaite de notre pays.

Et voici que maintenant les responsables s'enfuient, les rats quittent le bateau qui fait eau et ils chargent quelques uns d'entre de devenir les syndics de leur lamentable faillite.

C'est ainsi que vient d'être constitué le nouveau gouvernement Pétain composé de militaires battus, de fonctionnaires affairistes et de parlementaires déshonorés : deux radicaux du clan Daladier, deux socialistes de l'équipe Blum-Paul Faure, deux U.S.R et deux réactionnaires dont un P.S.F du clan La Rocque. Tous dans le bain.

Derrière le vieux Pétain, ex-responsables des crimes du gouvernement Reynaud, les oligarchies capitalistes directement représentées au sein du nouveau gouvernement veulent continuer leur besogne.

Après nous avoir conduits au désastre, ces messieurs entendent faire payer les pots cassés au peuple, mais ça ne se passera pas comme ça.

PEUPLE DE PARIS

Fier, calme et digne dans le malheur, tu sais où sont les responsables, tu sais que le préfet Langeron et ses agents ont été les exécuteurs de la politique de Daladier-Reynaud-Mandel, politique qui a fait le malheur du peuple et a conduit le pays à l'abîme.

On a persécuté les communistes parce qu'ils luttaient contre les puissances d'argent dont la France est aujourd'hui la pitoyable victime.

Des hommes honnêtes et courageux ont été jetés en prison pour avoir défendu la paix, alors que des ministres prévaricateurs, des politiciens tarés, des hauts fonctionnaires corrompus et des généraux de Second Empire croient que l'impunité leur sera toujours assurée.

Il faudra que disparaissent de la scène politique tous ceux qui ont fait notre malheur.

Il Y A DES COMPTES A REGLER. ILS SERONT REGLES.

Et puis, après une guerre qui a couté si cher, il faudra bien que les profiteurs, les capitalistes, les ploutocrates rendent gorge. 

IL Y A DES POT CASSES A PAYER. LES CAPITALISTES DEVRONT LES PAYER.

PEUPLE DE PARIS

Unis-toi avec le calme tranquille de ceux qui savent que l'avenir leur appartient, n'oublie pas qu'il y a un pays où les capitalistes ont rendu gorge; ce pays, c'est la grande Union Soviétique, pays du socialisme et de la paix.

Unis-toi derrière ceux qui se sont battus pour la paix, derrière les communistes qui, hier, t'ont montré au risque de leur liberté et de leur vie, le chemin de la paix et qui, aujourd'hui, te montrent le chemin de la restauration de notre malheureux pays, à savoir :

CHATIER ET FAIRE PAYER LES RESPONSABLES DES DESASTRES DE LA FRANCE.

VIVE L'UNION DU PEUPLE DE NOTRE GRAND ET IMMORTEL PARIS !


La Région Paris-Ville du Parti Communiste Français  


(Raymond Tournoux, Journal Secret, 1975, pp. 282-285 / Un exemplaire du tract "Il y a des comptes à régler" est publié sur le site Pandor)

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