L'attitude des trotskystes pendant l'occupation allemande constitue la plus grande leçon d'antiracisme jamais donnée par la gauche française.
Durant toute cette période, ces fanatiques du défaitisme révolutionnaire ont dénoncé toute forme de Résistance comme une manifestation de racisme anti-allemand :
Raciste : la Résistance française.
Raciste : la manifestation patriotique des étudiants et lycéens parisiens du 11 novembre 1940.
Raciste : la manifestation patriotique des étudiants et lycéens parisiens du 11 novembre 1940.
Raciste : la Résistance communiste.
Raciste : le débarquement anglo-américain du 6 juin 1944.
Raciste : l'usage du mot "boche".
Logique orwellienne, leurs tracts appelant les Français à fraterniser avec l'envahisseur nazi, encourageant les soldats américains et anglais à en faire de même, ou encore prônant l'union de tous les prolétaires qu'ils soient... "aryens ou juifs", relevaient donc de l'antiracisme.
Exposons cette inoubliable leçon d'antiracisme que les antifascistes veulent pourtant oublier...
Raciste : le débarquement anglo-américain du 6 juin 1944.
Raciste : l'usage du mot "boche".
Logique orwellienne, leurs tracts appelant les Français à fraterniser avec l'envahisseur nazi, encourageant les soldats américains et anglais à en faire de même, ou encore prônant l'union de tous les prolétaires qu'ils soient... "aryens ou juifs", relevaient donc de l'antiracisme.
Un constat s'impose : leur haine des Résistants n'avait d'égal que leur amour des troupes hitlériennes.
L'organe trotskyste du mensonge et de la calomnie s'appelait... La Vérité.
Exposons cette inoubliable leçon d'antiracisme que les antifascistes veulent pourtant oublier...
Deux communismes, deux Internationales
Les staliniens étaient regroupés au sein du Parti communiste français (PCF) qui était membre de la IIIe Internationale communiste (IC). Cette dernière était contrôlée par l'URSS elle même dirigée de fait par Staline, secrétaire général du Parti communiste.
Rassemblés dans des organisations groupusculaires (POI, PCI) ou constitués en tendance dans des partis concurrents (SFIO, PSOP), les trotskystes se réclamaient de Léon Trotsky et de la IVe Internationale communiste qu'il avait fondée. Ancien dirigeant bolchévique condamné à l'exil et assassiné par un camarade stalinien en août 1940, Léon Trotsky était le principal opposant à Staline qu'il accusait d'avoir trahi Lénine et la révolution d'Octobre 1917.
Les partisans de Staline étaient désignés comme communistes ou staliniens. Ceux de Trotsky comme trotskystes, communistes internationalistes ou encore bolchéviks-léninistes.
Illustration de leur différence idéologique. Les premiers défendaient le socialisme dans un seul pays (l'URSS). Les seconds appelaient à la révolution permanente autrement dit à la Révolution prolétarienne mondiale.
Défaitisme révolutionnaire
Eclairés par les lumières du marxisme-léninisme, les communistes et les trotskystes ont dès le début du conflit dénoncé la guerre contre l'Allemagne nazie comme une guerre impérialiste et donc illégitime. Sa cause n'était pas le nazisme mais le capitalisme.
Par conséquent, ils ont appelé au renversement du régime capitaliste et à l'instauration d'un régime communiste qui négocierait la Paix avec Hitler. La transformation de la guerre impérialiste en guerre civile constitue le principe même du défaitisme révolutionnaire (la Paix par la Révolution socialiste). Cette stratégie prenait pour modèle la Russie bolchevique avec la révolution d'Octobre 1917 et la signature du traité de Paix de Brest-Litovsk avec l'Allemagne en mars 1918.
Dans la guerre entre la France et l'Allemagne nazie, les champions du monde de l'antifascisme ont donc clairement désigné leur ennemi : la France.
Loin de provoquer un quelconque revirement, la défaite de la France et l'occupation allemande ont vu les communistes comme les trotskystes demeurer fidèles au défaitisme révolutionnaire. Leur appel à l'union avec les soldats allemands en a été la démonstration la plus spectaculaire.
Grande révélation de ces révolutionnaires illuminés par les vérités scientifiques du marxisme : sous l'uniforme allemand se cachait... un prolétaire. Pour ces antifascistes intransigeants, le soldat allemand ne devait pas être dénoncé comme un envahisseur nazi mais célébré comme un frère d'armes dans la lutte contre le véritable ennemi : le capitalisme.
Le 22 juin 1941, Hitler a attaqué l'URSS et mis fin au Pacte germano-soviétique. A la suite de cette attaque, le Parti communiste s'est engagé dans la lutte contre l'occupant allemand. La guerre contre l'Allemagne n'était plus une guerre impérialiste. Elle était désormais une guerre de libération nationale, une guerre de la liberté contre le fascisme.
Marxistes orthodoxes et fanatiques, les trotskystes sont restés fidèles à la notion léniniste de guerre impérialiste et donc au défaitisme révolutionnaire. Pour ces bolchéviks-léninistes, une victoire militaire des Alliés aurait été avant tout une victoire du capitalisme et donc une défaite pour le prolétariat mondial. La seule guerre légitime était celle menée par l'Union soviétique après son invasion. La raison : l'URSS n'était pas un pays capitaliste. Leur solution pour mettre fin au conflit : une révolution socialiste en Allemagne. Les nations occupées par les armées du IIIe Reich étaient donc priés d'attendre leur libération d'un soulèvement du prolétariat allemand qui aurait renversé Hitler et instauré un régime de type soviétique.
Au final, le défaitisme révolutionnaire n'a été qu'une forme de Collaboration. La preuve : si les peuples opprimés par les nazis avaient suivi la ligne politique de ces idiots utiles, les hitlériens seraient toujours au pouvoir en Allemagne.
Loin de provoquer un quelconque revirement, la défaite de la France et l'occupation allemande ont vu les communistes comme les trotskystes demeurer fidèles au défaitisme révolutionnaire. Leur appel à l'union avec les soldats allemands en a été la démonstration la plus spectaculaire.
Grande révélation de ces révolutionnaires illuminés par les vérités scientifiques du marxisme : sous l'uniforme allemand se cachait... un prolétaire. Pour ces antifascistes intransigeants, le soldat allemand ne devait pas être dénoncé comme un envahisseur nazi mais célébré comme un frère d'armes dans la lutte contre le véritable ennemi : le capitalisme.
Le 22 juin 1941, Hitler a attaqué l'URSS et mis fin au Pacte germano-soviétique. A la suite de cette attaque, le Parti communiste s'est engagé dans la lutte contre l'occupant allemand. La guerre contre l'Allemagne n'était plus une guerre impérialiste. Elle était désormais une guerre de libération nationale, une guerre de la liberté contre le fascisme.
Marxistes orthodoxes et fanatiques, les trotskystes sont restés fidèles à la notion léniniste de guerre impérialiste et donc au défaitisme révolutionnaire. Pour ces bolchéviks-léninistes, une victoire militaire des Alliés aurait été avant tout une victoire du capitalisme et donc une défaite pour le prolétariat mondial. La seule guerre légitime était celle menée par l'Union soviétique après son invasion. La raison : l'URSS n'était pas un pays capitaliste. Leur solution pour mettre fin au conflit : une révolution socialiste en Allemagne. Les nations occupées par les armées du IIIe Reich étaient donc priés d'attendre leur libération d'un soulèvement du prolétariat allemand qui aurait renversé Hitler et instauré un régime de type soviétique.
Au final, le défaitisme révolutionnaire n'a été qu'une forme de Collaboration. La preuve : si les peuples opprimés par les nazis avaient suivi la ligne politique de ces idiots utiles, les hitlériens seraient toujours au pouvoir en Allemagne.
La Vérité
Sous l'impulsion de Marcel Hic, le principal groupe trotskyste français a repris une activité clandestine dès le mois d'août 1940 avec la diffusion d'un journal : La Vérité (Pravda en russe).
Daté du 31 août 1940, le premier numéro portait la mention "Organe bolchévik-léniniste". Une nouvelle mention est apparue en mars 1941 : "Organe communiste-révolutionnaire". Elle marquait la volonté du groupe trotskyste de constituer un parti : le Parti Communiste Révolutionnaire (PCR). Cette appellation était une attaque directe contre le Parti communiste : en se proclamant les seuls communistes véritablement révolutionnaires, les trotskystes affirmaient incarner l'héritage authentique de la révolution d'Octobre 1917 et accusaient le PCF d'en avoir trahi les principes sous l'influence du stalinisme. A partir de septembre 1941, désormais imprimée, La Vérité se présentait comme l' "Organe Central des Comités pour la IVe Internationale". En janvier 1943, les trotskystes ont concrétisé leur projet de parti en reconstituant le Parti Ouvrier Internationaliste (POI). Ce changement de structure n'a pas eu d'impact sur une réalité consubstantielle au mouvement trotskyste : l'extrême faiblesse des effectifs. C'est à partir de cette date que La Vérité a indiqué dans sa manchette "Organe du Parti Ouvrier Internationaliste". Enfin, en février 1944, le POI a fusionné avec deux organisations trotskystes toutes aussi marginales pour donner naissance au Parti Communiste Internationaliste (PCI). Conséquence : La Vérité a été publiée jusqu'à la fin de l'Occupation avec la mention "Organe du Parti Communiste Internationaliste". Durant toute cette période clandestine, le journal a paru à raison d'un numéro par mois, exceptionnellement deux.
Dans un article du 1er février 1941 titré "Comment s'organiser", La Vérité exposait son rôle dans l'organisation et la mobilisation de la classe ouvrière :
"Camarade, tu lis la "Verité". Tu la passes à des camarades. Vous êtes quatre, cinq ou six. Groupez vous. Discutez notre politique. Confrontez la avec vos propres idées et celles des autres mouvements. Diffusez nos mots d'ordre.
Trouvez d'autres lecteurs à la "Vérité". Demandez des conseils à celui qui vous passe le journal. Peu a peu de la discussion démocratique et de l'action disciplinée de tels "groupes ouvriers", surgira dans la lutte un puissant parti des "Travailleurs".
Et soyez prudents. Attention aux mouchards. Méfiez-vous de celui qui questionne trop. Ne vous rencontrez pas toujours au même endroit. Pas de conversations inutiles dans la rue ou dans l'atelier. Courage et prudence."
Trouvez d'autres lecteurs à la "Vérité". Demandez des conseils à celui qui vous passe le journal. Peu a peu de la discussion démocratique et de l'action disciplinée de tels "groupes ouvriers", surgira dans la lutte un puissant parti des "Travailleurs".
Et soyez prudents. Attention aux mouchards. Méfiez-vous de celui qui questionne trop. Ne vous rencontrez pas toujours au même endroit. Pas de conversations inutiles dans la rue ou dans l'atelier. Courage et prudence."
Quatrième Internationale
En juin 1942, le groupe trotskyste a lancé sous la bannière des "Comités Français de la IVe Internationale" une revue théorique clandestine intitulée : "Quatrième Internationale".
Ce premier numéro définissait clairement la mission de cette publication :
"Si nous éditons aujourd'hui une revue théorique, c'est que nous avons senti qu'il fallait à notre organisation une arme de propagande et d'éclaircissement politique plus profond que La Vérité. Quatrième Internationale sera, pour nos camarades, un bon instrument d'éducation et de discussion. Elle sera l'instrument de l'organisation des travailleurs dans les "groupes ouvriers".
Sa tâche idéologique essentielle reste de montrer qu'il n'y a qu'une issue réelle au chaos actuel, c'est la révolution prolétarienne mondiale, la construction des Etats-Unis Socialistes du Monde. Pour cela, il lui faudra combattre impitoyablement le chauvinisme stalino-gaulliste, aussi bien que le "collaborationnisme" fasciste et bonapartiste. Notre tâche est rude, mais elle vaut la peine qu'on lui sacrifie tout. Le résultat final, la libération du monde du joug capitaliste, est celui que tout ouvrier conscient, tout intellectuel éclairé, doit souhaiter de toutes ses forces, car, en dehors de cela, il ne reste à l'humanité qu'à envisager le retour progressif vers la barbarie, la misère, les épidémies, les ténèbres."
En novembre 1942, les trotskystes français ont décidé de constituer un Secrétariat Européen de la IVe Internationale pour donner l'illusion qu'un pôle européen du mouvement trotskyste était organisé.
Ce Secrétariat a pris la succession des Comités Français de la IVe Internationale. C'est donc sous l'égide du "Secrétariat Européen de la IVe Internationale" que le deuxième numéro de Quatrième Internationale a été publié en novembre 1942. Conséquence de ce tour de magie : les textes publiés dans ce numéro exprimaient la position de la Section européenne de la IVe Internationale et non plus celle des seuls trotskystes français.
Ce Secrétariat a pris la succession des Comités Français de la IVe Internationale. C'est donc sous l'égide du "Secrétariat Européen de la IVe Internationale" que le deuxième numéro de Quatrième Internationale a été publié en novembre 1942. Conséquence de ce tour de magie : les textes publiés dans ce numéro exprimaient la position de la Section européenne de la IVe Internationale et non plus celle des seuls trotskystes français.
Résistance française
Née de l'appel du 18 juin 1940, la Résistance française a été impitoyablement combattu par les trotskystes au nom des vérités du marxisme-léninisme.
Volontairement oubliée par l'historiographie officielle, cette odieuse réalité transparaît avec éclat dans leurs écrits clandestins : rien ne renseigne mieux sur la nature réelle de leur activité que les textes qu'ils ont eux-mêmes rédigés au moment des faits.
Une preuve accablante du délire idéologique trotskyste et de sa persistance : un texte doctrinal de 20 pages intitulé "Thèses sur la question nationale" qui a été publié dans la revue Quatrième Internationale de novembre 1942, soit près d'un an et demi après l'invasion de l'URSS par les armées allemandes.
Une preuve accablante du délire idéologique trotskyste et de sa persistance : un texte doctrinal de 20 pages intitulé "Thèses sur la question nationale" qui a été publié dans la revue Quatrième Internationale de novembre 1942, soit près d'un an et demi après l'invasion de l'URSS par les armées allemandes.
Rédigé par Marcel Hic, ce texte de référence portait sur la légitimité des mouvements de libération nationale. Dans le cadre théorique ainsi défini, il assignait aux militants trotskystes les tâches suivantes :
"En résumé les tâches de la Quatrième Internationale en face du mouvement nationale des masses en Europe, sont les suivantes :
a) Mener une politique impitoyable contre toutes les manifestations du chauvinisme réactionnaire dans les rangs de la petite-bourgeoisie et de la classe ouvrière; dénoncer les buts impérialistes qui se cachent derrière la propagande nationale de Londres et ses valets staliniens. A l'idée d'une hégémonie allemande, anglaise, américaine ou française en Europe, à toute idée de revanche aussi bien qu'au programme d'asservissement hitlérien, opposer le programme des Etats-Unis Socialistes d'Europe qui, seuls, réaliseront effectivement le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes dans le cadre de la liquidation de l'esclavage capitaliste.
b) Mener une propagande inlassable pour la fraternisation. En particulier, organiser systématique la fraternisation entre les troupes d'occupation et la population des pays occupés, ainsi qu'entre les ouvriers allemands et les ouvriers étrangers travaillant en Allemagne."
Partant du principe que la lutte contre les Allemands était une manifestation de "chauvinisme", autrement dit de racisme, la IVe Internationale fixait à ses militants deux tâches fondamentales. La première : combattre impitoyablement la Résistance française et la Résistance communiste. La seconde : encourager inlassablement la fraternisation entre les travailleurs français et les soldats allemands.
Le message était clair...
Le message était clair...
Il était par ailleurs en totale adéquation avec la profession de foi publiée dans le premier numéro de la revue : "combattre impitoyablement le chauvinisme stalino-gaulliste".
Un exemple supplémentaire de la propagande trotskyste accusant la Résistance française d'incarner le racisme anti-allemand : La Vérité numéro spécial de mai 1944.
L'article principal était titré... "Comment en finir avec le fascisme et la guerre ?". Dans la réponse à cette question qui mettait sur le même plan fascisme et guerre, il y avait un paragraphe intitulé... "Pas de libération possible sans les prolétaires allemands et contre eux" dans lequel la Résistance était non seulement dénoncée comme raciste mais en plus condamnée avec l'argument délirant qu'elle servait les intérêts d'Hitler : "le chauvinisme renforce Hitler et prolonge la guerre". D'après les trotskystes, combattre la Résistance française était donc un moyen de mettre fin au fascisme et à la guerre !!! Le texte était de mai 1944 !!!
Une question s'impose : doit-on associer ces deux textes à la Résistance ou à la Collaboration ?
Un indice : une "Lettre ouverte au Parti Communiste Français et au Parti socialiste pour l'unité d'action ouvrière" publiée pendant la Libération de Paris dans La Vérité du 21 août 1944. Dans cette lettre signée par le Parti communiste internationaliste (PCI), on peut lire un paragraphe titré... "Pourquoi nous n'avons pas adhéré à la Résistance" :
Un indice : une "Lettre ouverte au Parti Communiste Français et au Parti socialiste pour l'unité d'action ouvrière" publiée pendant la Libération de Paris dans La Vérité du 21 août 1944. Dans cette lettre signée par le Parti communiste internationaliste (PCI), on peut lire un paragraphe titré... "Pourquoi nous n'avons pas adhéré à la Résistance" :
Pourquoi nous n'avons pas
adhéré à la Résistance
Nous savons que ce programme n'est pas le vôtre. Vous croyez devoir maintenir votre Union Sacrée avec les partis de la bourgeoisie et prendre à votre compte leurs buts de guerre. Nous croyons qu'une telle politique creuse le fossé entre les ouvriers français et allemands, qu'elle a, entre autres résultats, celui de souder les travailleurs allemands autour de leur propre bourgeoisie, de prolonger par là l’existence de Hitler, de paralyser la révolution en Allemagne et en Europe.
C’est pourquoi il ne pourrait être question pour notre Parti de se faire représenter dans les organismes communs qui vous lient à ces organisations bourgeoises, y compris les plus réactionnaires comme l'O.C.M. (que l’on dénonce comme « fasciste » dans les rangs du Parti Communiste Français).
Ces aveux sont à opposer à tous ceux qui aujourd'hui voudraient honorer d'une façon ou d'une autre la mémoire des pseudo-Résistants trotskystes.
Manifestation du 11 novembre 1940
Le 11 novembre 1940, bravant l'interdit de l'occupant allemand, des centaines d'étudiants et de lycéens parisiens manifestent à l'Arc de Triomphe et sur les Champs-Élysées pour commémorer l'armistice de 1918.
Patriotique par son objet (célébration de la victoire de la France sur l'Allemagne), par ses slogans ("Vive de Gaulle !", "Vive la France !"), par ses gestes symboliques (brandir deux gaules pour symboliser le nom du général de Gaulle), et par ses chants (la Marseillaise), cette manifestation constitue la première démonstration publique d'opposition à l'occupation allemande.
Dans son numéro du 15 novembre 1940, La Vérité consacre sa... quatrième page à la manifestation du 11 novembre. Parmi les "leçons" que le journal trotskyste tire de cet événement, on retiendra les deux dernières :
Dans son numéro du 15 novembre 1940, La Vérité consacre sa... quatrième page à la manifestation du 11 novembre. Parmi les "leçons" que le journal trotskyste tire de cet événement, on retiendra les deux dernières :
"3°) Pour grouper de larges masses populaires il ne faut pas se contenter de crier : "Vive la France". Il faut lancer des mots d'ordre populaires concernant le ravitaillement, la production et le travail, les prisonniers, la Paix.
Autant de mots d'ordre anti-hitlériens et capables de trouver une large audience.
4°) En criant : "Vive la France", ou pire : "Vive De Gaulle", on soude contre soi les rangs de l'armée allemande. En lançant des mot d'ordre de Paix, on doit trouver un écho en son sein.
Il faut gagner l'Armée Allemande à la lutte contre l'hitlérisme."
La Vérité condamne deux mots d'ordre entendus pendant la manifestation du 11 novembre : « "Vive la France", ou pire : "Vive De Gaulle" ».
Expressions du patriotisme des lycéens et étudiants parisiens ainsi que de leur sympathie pour la Résistance, ces deux mots d'ordre traduisent leur refus de l'occupation allemande et laissent entrevoir un engagement possible dans la lutte armée. Pour les trotskystes, une telle violence dirigée contre les soldats allemands est illégitime et, à ce titre, raciste. En effet, ces soldats sont avant tout des prolétaires avec lesquels il faut fraterniser, conformément à la logique internationaliste résumée par la célèbre formule : "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !".
Seuls les "mots d'ordre de Paix" favoriseront la fraternisation franco-allemande. Sommet de la pensée magique : prôner "la Paix" avec Hitler fait partie des "mots d'ordre anti-hitlériens" !!! On ne sera donc pas étonné par la conclusion délirante : "Il faut gagner l'Armée Allemande à la lutte contre l'hitlérisme".
Pour les trotskystes, la Wehrmacht n'était pas une armée de tortionnaires, mais un vivier d'antifascistes...
Seuls les "mots d'ordre de Paix" favoriseront la fraternisation franco-allemande. Sommet de la pensée magique : prôner "la Paix" avec Hitler fait partie des "mots d'ordre anti-hitlériens" !!! On ne sera donc pas étonné par la conclusion délirante : "Il faut gagner l'Armée Allemande à la lutte contre l'hitlérisme".
Pour les trotskystes, la Wehrmacht n'était pas une armée de tortionnaires, mais un vivier d'antifascistes...
Résistance communiste
Si les communistes ont abandonné le défaitisme révolutionnaire après l'invasion de l'URSS le 22 juin 1941, les trotskystes, eux, sont restés fidèles à cette ligne jusqu'à la défaite de l'Allemagne nazie.
Conséquence : les partisans de Trotsky ont vigoureusement fustigé la Résistance communiste. Ils ont accusé le Parti communiste d'avoir honteusement sombré dans le "chauvinisme", autrement dit le racisme anti-allemand, et d'avoir, de ce fait, renié son "internationalisme prolétarien".
Deux textes permettront d'illustrer parfaitement l'argumentaire développé par les trotskystes pour justifier cette double accusation. Titré "Pas de chauvinisme dans les rangs ouvriers", le premier a été publié dans La Vérité du 20 janvier 1942 :
Deux textes permettront d'illustrer parfaitement l'argumentaire développé par les trotskystes pour justifier cette double accusation. Titré "Pas de chauvinisme dans les rangs ouvriers", le premier a été publié dans La Vérité du 20 janvier 1942 :
"Toutes les informations qui nous parviennent d'Allemagne attestent qu'une baisse de moral importante s'y fait déjà sentir. Il est certain que l'échec subi sur le front Est, le nombre grandissant de morts et de blessés, et de victimes du froid qui sévit en U.R.S.S., la raréfaction des vivres, il est certain, disons-nous, que tous ces facteurs de démoralisation agissent, dès à présent, sur l’état d’esprit du peuple allemand.
Des paroles prononcées par des soldats allemands contre le régime hitlérien nous sont rapportées par des prisonniers libérés. Des ouvriers et des prisonniers français, retour d’Allemagne, nous ont confirmé que des troubles (manifestations de ménagères, surtout) ont eu lieu à Nuremberg et Berlin, en particulier. Malgré l'ordonnance de février 1941, qui interdisait à la population allemande de communiquer avec les prisonniers français, celle-là ne cache pas sa sympathie pour les prisonniers et fraternise très souvent avec eux.
Ainsi, c'est au moment où les masses allemandes s'éveillent à l'esprit de révolte (quelques régiments allemands ont refusé "de marcher", sur le front Est), c'est au moment où le régime hitlérien chancelle, au moment où il est temps de propager à travers l'Europe le mot d'ordre de la fraternisation des prolétaires, pour la libération socialiste de l'Europe et du Monde, c’est ce moment que le Parti Communiste choisit pour lancer le mot d'ordre stupide et ignoble : « Tous unis contre les boches ! ».
Reniant ainsi les principes mêmes de l’internationalisme prolétarien, reniant les thèses de Lénine sur le caractère impérialiste de la guerre mondiale (la guerre n'est pas le fait des "boches", mais résulte des antagonismes des impérialismes rivaux), le Parti Communiste, une fois de plus, trahit les intérêts de la classe ouvrière mondiale qui sont d’unir et d'organiser tous les prolétaires, sans exception.
Les ouvriers français sauront lutter pour leur libération. Ils sauront s'unir contre le despotisme hitlérien et la réaction de Vichy. Ils savent que c'est LEUR combat qui est juste et non celui de Churchill et de Roosevelt.
Ils s’élèvent avec force contre le chauvinisme, qui mène à l’impasse et à la défaite. Comme la population de PALINGES (Saône-et-Loire), qui a fraternisé avec des soldats allemands emprisonnés pour rébellion et indiscipline, ils sauront s’unir, dans leur lutte, avec leurs frères allemands sous l'uniforme.
Le régime nazi doit être renversé par la révolution socialiste.
Tous unis, Allemands et Français contre le régime nazi !
Tous unis contre les chauvins de toute espèce, les pires ennemis des travailleurs !"
La Vérité condamne le Parti communiste pour avoir lancé "le mot d'ordre stupide et ignoble : « Tous unis contre les boches ! »".
Elle affirme qu'en diffusant ce slogan raciste, le PCF a "trahit les intérêts de la classe ouvrière mondiale qui sont d'unir et d'organiser tous les prolétaires, sans exception" et donc renié non seulement "les principes mêmes de l’internationalisme prolétarien" mais aussi "les thèses de Lénine sur le caractère impérialiste de la guerre mondiale".
A la trahison des communistes, les trotskystes opposent leur fidélité à l'internationalisme prolétarien et aux enseignements de Lénine. Celle-ci s'exprime par un appel à l'union des "ouvriers français" avec "leurs frères allemands sous l'uniforme".
La Résistance communiste est donc une trahison. Elle est aussi la garantie de l'échec puisque La Vérité soutient que le chauvinisme "mène à l’impasse et à la défaite".
Dernier élément, les trois mots d'ordre qui concluent l'article exposent avec clarté la ligne politique défendue par les trotskystes.
Elle affirme qu'en diffusant ce slogan raciste, le PCF a "trahit les intérêts de la classe ouvrière mondiale qui sont d'unir et d'organiser tous les prolétaires, sans exception" et donc renié non seulement "les principes mêmes de l’internationalisme prolétarien" mais aussi "les thèses de Lénine sur le caractère impérialiste de la guerre mondiale".
A la trahison des communistes, les trotskystes opposent leur fidélité à l'internationalisme prolétarien et aux enseignements de Lénine. Celle-ci s'exprime par un appel à l'union des "ouvriers français" avec "leurs frères allemands sous l'uniforme".
La Résistance communiste est donc une trahison. Elle est aussi la garantie de l'échec puisque La Vérité soutient que le chauvinisme "mène à l’impasse et à la défaite".
Dernier élément, les trois mots d'ordre qui concluent l'article exposent avec clarté la ligne politique défendue par les trotskystes.
1) "Le régime nazi doit être renversé par la révolution socialiste".
Ce premier mot d'ordre répond à une question essentielle : comment mettre fin à la guerre ?
Pour les bolchéviks-léninistes, la libération des pays occupés ne résultera pas d'une défaite militaire de l'Allemagne, mais d'un soulèvement du peuple allemand qui renversera Hitler pour instaurer un régime de type soviétique.
À leurs yeux, une victoire des Alliés constituerait avant tout une victoire des puissances capitalistes et, par conséquent, une défaite pour les prolétaires du monde entier, à commencer par les ouvriers français et "leurs frères allemands sous l'uniforme".
Tous les peuples opprimés par les nazis étaient donc priés d'attendre leur libération d'une Révolution socialiste en Allemagne !!!
Dans toute l'Histoire, a-t-on jamais vu de pires idiots utiles que les trotskystes pendant l'occupation allemande ? La réponse est non.
2) "Tous unis, Allemands et Français contre le régime nazi !".
Pour les partisans de Trotsky, l'allié naturel dans le combat contre le régime nazi n'était pas la France Libre mais... la Wehrmacht.
En effet, ils considéraient que le général de Gaulle était un bourgeois et donc un ennemi de classe. En appelant les Français à combattre l'occupant allemand, ce dernier incarnait lui-aussi le "chauvinisme".
Quant à l'armée allemande, éclairés par les lumières du marxisme-léninisme, les trotskystes étaient pleinement convaincus qu'elle était un véritable vivier d'antifascistes.
3) "Tous unis contre les chauvins de toute espèce, les pires ennemis des travailleurs !".
Qui sont, pour les trotskystes, "les pires ennemis des travailleurs" dans la France de 1942 ? Les nazis ? Non. Leur réponse : "les chauvins de toute espèce".
Leur haine des Résistants n'avait d'égal que leur amour des troupes hitlériennes...
Ce premier mot d'ordre répond à une question essentielle : comment mettre fin à la guerre ?
Pour les bolchéviks-léninistes, la libération des pays occupés ne résultera pas d'une défaite militaire de l'Allemagne, mais d'un soulèvement du peuple allemand qui renversera Hitler pour instaurer un régime de type soviétique.
À leurs yeux, une victoire des Alliés constituerait avant tout une victoire des puissances capitalistes et, par conséquent, une défaite pour les prolétaires du monde entier, à commencer par les ouvriers français et "leurs frères allemands sous l'uniforme".
Tous les peuples opprimés par les nazis étaient donc priés d'attendre leur libération d'une Révolution socialiste en Allemagne !!!
Dans toute l'Histoire, a-t-on jamais vu de pires idiots utiles que les trotskystes pendant l'occupation allemande ? La réponse est non.
2) "Tous unis, Allemands et Français contre le régime nazi !".
Pour les partisans de Trotsky, l'allié naturel dans le combat contre le régime nazi n'était pas la France Libre mais... la Wehrmacht.
En effet, ils considéraient que le général de Gaulle était un bourgeois et donc un ennemi de classe. En appelant les Français à combattre l'occupant allemand, ce dernier incarnait lui-aussi le "chauvinisme".
Quant à l'armée allemande, éclairés par les lumières du marxisme-léninisme, les trotskystes étaient pleinement convaincus qu'elle était un véritable vivier d'antifascistes.
3) "Tous unis contre les chauvins de toute espèce, les pires ennemis des travailleurs !".
Qui sont, pour les trotskystes, "les pires ennemis des travailleurs" dans la France de 1942 ? Les nazis ? Non. Leur réponse : "les chauvins de toute espèce".
Leur haine des Résistants n'avait d'égal que leur amour des troupes hitlériennes...
Le second article a été publié dans La Vérité du 25 mars 1944 sous le titre "« Les Cahiers (ex) Communistes »... à l'avant-garde du chauvinisme" :
« Les Cahiers (ex) Communistes »... à l'avant-garde du chauvinisme
A l'heure où la IVe Internationale affirme par des actes sa volonté révolutionnaire et son internationalisme, le Parti qui, par dérision s'appelle encore Communiste, s'enfonce de plus en plus dans la boue du chauvinisme. Les Cahiers du Communisme, organe théorique du P. C. français, (premier trimestre 1944, Nouvelle Série n° 1) constituent un véritable monument digne de Déroulède.
« 30.000 soldats en Corse, ça fait environ un boche pour dix français, écrit le chauvin en délire, Maurice Thorez. Pour obtenir une proportion analogue sur le sol métropolitain, il faudrait supposer qu’il [y] ait 4 millions d’ennemis en France. Or il n’y a même pas une dizaine de ces effectifs, à peine compte-t-on 200.000 boches en France ».
La classe ouvrière ne connaît pas des « boches » : son premier allié dans la lutte contre les brigands hitlériens, ce sont les travailleurs allemands en uniformes. A l'hystérie chauvine, la classe ouvrière oppose la fraternisation avec les travailleurs de tous les pays. C'est lorsqu'on trahit la classe ouvrière qu'on découvre les boches et la patrie. « Il était courant, écrit perfidement Benoit Frachon, de présenter la classe ouvrière comme insensible à l’idée de Patrie... Le patriotisme de la classe ouvrière est pur comme son courage ... aucun égoïsme ne vient ternir le sentiment qu'elle a de la Patrie. »
Les faussaires et les traîtres renient ainsi la devise du mouvement ouvrier qui est celle lancée par le Manifeste Communiste de Karl Marx : « Les prolétaires n’ont pas de patrie ».
De la reconnaissance du sentiment patriotique, les chauvins passent à la justification de la guerre impérialiste d'aujourd’hui et par la même occasion, de celle de 14 : « Par milliers, les jeunes gens, écrit Raymond Guyot, manifestèrent dans les rues de leurs villages et de leurs villes, drapeau tricolore déployé et tambours battants, allant déposer des gerbes tricolores devant les monuments aux morts, ces monuments portant les noms de leurs pères tombés en héros, pour que le même prussien ne passe pas ».
Là les faussaires et les traîtres sont pris sur le fait : on a beau tromper et falsifier la doctrine révolutionnaire, on a beau tronquer et mutiler la pensée de Lénine, on ne pourra arracher de la mémoire de l'avant-garde les pages de « Contre le courant » écrites par Lénine pendant la guerre impérialiste de 14 : « La politique réelle ces héros social-chauvins de LONDRES et de VIENNE, écrit Lénine en 1916, consiste à justifier la participation à la guerre impérialiste à justifier le massacre des ouvriers allemands par les ouvriers français et vice-versa, pour qu’une bourgeoisie nationale prenne finalement l'hégémonie dans le pillage des autres pays ».
Et voilà le vrai langage internationaliste, celui qui se détourne avec dégoût du langage des chauvins « anti-boches » :
« Vous autres bourgeois, vous guerroyez pour des buts de spoliation ; nous autres, OUVRIERS DE TOUTES LES NATIONS BELLIGERANTES, nous vous déclarons la guerre pour le socialisme ».
Mais les « Cahiers du Communisme » se sont détournés de Lénine et ne sont devenus qu'un cloaque du chauvinisme français, qui se cache sous une enseigne grossièrement barbouillée : « L’exemple de Jeanne d’Arc, écrit le chauvin Guyot, qui à 17 ans prit l’épée pour bouter l'envahisseur hors du sol national, enflamme toute la jeune génération. La grandiose bataille est commencée. Tout pour la gagner ! ».
Le Parti (ex) Communiste a renié avec l’internationalisme prolétarien, toute lutte véritable contre l'impérialisme, et est devenu son laquais auquel seuls les Galiffets d’Alger, les généraux de Gaulle et Giraud, peuvent encore « rendre hommage » [1], comme l'impriment avec fierté ces mêmes Cahiers, à l'endroit, où autrefois, figurait la devise : [«] Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »
[1] L'éditorial des Cahiers du Communisme intitulé "Notre politique" s'ouvre sur une citation du général de Gaulle : « Les communistes jouent un rôle énorme dans la Résistance. Ils s'opposent à l'ennemi avec un dynamisme auquel il me plait de rendre hommage. »
Insistons sur les termes utilisés dans ce texte de mars 1944 pour dénoncer les Résistants communistes : "s'enfonce de plus en plus dans la boue du chauvinisme", "le chauvin en délire, Maurice Thorez" (secrétaire général du PCF), "l'hystérie chauvine", "C'est lorsqu'on trahit la classe ouvrière qu'on découvre les boches et la patrie", "les faussaires et les traitres" (2 fois), "les chauvins", "dégoût du langage des chauvins « anti-boches »", "un cloaque du chauvinisme français", "laquais".
A la lecture de ce torrent d'insultes et de calomnies, qui devrait finalement avoir honte de son attitude pendant l'occupation allemande ? Le résistant communiste ou le révolutionnaire trotskyste ?
Débarquement du 6 juin 1944
Autre manifestation de racisme anti-allemand que les trotsksystes ont courageusement dénoncé : le débarquement des Alliés du 6 juin 1944.
Cette ignoble accusation a été formulée dans un appel aux travailleurs publié dans La Vérité du 10 juin 1940 sous le titre "La libération des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes".
Dans cet appel, l'organe du Parti communiste internationaliste (PCI) dénonçait le débarquement anglo-américain comme une manifestation de l'impérialisme et du racisme anglo-saxons :
Dans cet appel, l'organe du Parti communiste internationaliste (PCI) dénonçait le débarquement anglo-américain comme une manifestation de l'impérialisme et du racisme anglo-saxons :
"Les forteresses volantes et les tanks d’Eisenhower n’apporteront pas la libération des travailleurs de l'Europe. A la place de l'impérialisme allemand qui s'écroule, ils viennent imposer la domination du capital financier yankee et anglais".
Ne soyons pas dupes de la propagande chauvine de la bourgeoisie «Alliée» et de ses agents".
"Boche"
Pour les trotskystes, même l'usage du mot "boche" était une manifestation de racisme. Leur indignation était plus vive encore lorsque ce terme était employé par les communistes.
Cette courageuse dénonciation de l'horrible racisme anti-boche qui aurait fait de la France un enfer pour les malheureux occupants nazis a été l'une de leurs priorités comme l'attestent ces numéros de La Vérité publiés entre 1942 et 1944.
1942.
La première mention du terme "boche" apparait dans La Vérité n° 27 du 1er janvier 1942. Dans un texte titré "Ceux de Rostov ont montré la voie", le journal trotskyste affirmait notamment que la victoire de l'URSS ne serait possible qu'en mobilisant "le prolétariat international " et non en "développant la haine du « Boche » en URSS ou en France".
La première mention du terme "boche" apparait dans La Vérité n° 27 du 1er janvier 1942. Dans un texte titré "Ceux de Rostov ont montré la voie", le journal trotskyste affirmait notamment que la victoire de l'URSS ne serait possible qu'en mobilisant "le prolétariat international " et non en "développant la haine du « Boche » en URSS ou en France".
On mentionnera, ensuite, La Vérité n° 28 du 20 janvier 1942 qui a violement dénoncé la Résistance communiste dans un article publié sous le titre : "Pas de chauvinisme dans les rangs ouvriers !". De cet article déjà cité, on retiendra l'extrait suivant :
"Ainsi, c'est au moment où les masses allemandes s'éveillent à l'esprit de révolte (quelques régiments allemands ont refusé "de marcher", sur le front Est), c'est au moment où le régime hitlérien chancelle, au moment où il est temps de propager à travers l'Europe le mot d'ordre de la fraternisation des prolétaires, pour la libération socialiste de l'Europe et du Monde, c’est ce moment que le Parti Communiste choisit pour lancer le mot d'ordre stupide et ignoble : « Tous unis contre les boches ! »."
Enfin, dans un texte intitulé "Un ouvrier vous parle / Main tendu à l'ouvrier allemand", La Vérité n° 34 du 10 juillet 1942 a publié la supposée interview d'un sympathisant trotskyste à son retour d'Allemagne où il était parti travaillé. Interrogé sur la situation du Parti communiste allemand, ce dernier a répondu :
"Le Parti Communiste existe toujours, dans l'illégalité (au mois d’avril, il y a eu 400 arrestations de militants communistes dans l’ouest de Berlin). Mais il n’est pas en liaison avec la IIIe Internationale. Sa politique est celle préconisée depuis toujours par les trotskystes : il combat actuellement sur une plate-forme défaitiste révolutionnaire, internationaliste. Quand je disais à des communistes allemands que les journaux staliniens français lançaient des mots d’ordre comme : « Mort aux Boches ! A bas les Boches ! » etc..., ils ne voulaient pas me croire."
1943.
Tout en constatant le net recul des armées allemandes sur le front de l'Est, La Vérité n° 42 du 1er mars 1943 persistait, dans un texte intitulé "Crépuscule du nazisme – Aube de la révolution", à défendre la thèse que seule la fraternisation avec les soldats et les ouvriers allemands permettrait l'effondrement du régime nazi :
"Il ne faut certes pas croire que l’Allemagne nazie est à la veille de l'effondrement, sa force militaire peut encore porter des coups et remporter des victoires. [...]
Ces événements ne peuvent se dérouler sans avoir d'importantes répercussions sur le moral de la population allemande. [...] Comment le peuple allemand, qui croyait à la guerre éclair, ne regarderait-il pas l'avenir avec inquiétude, voire même angoisse ?
Pourquoi le nazisme tient encore
Cette inquiétude, cette angoisse peuvent se transformer demain en une foi nouvelle pour la victoire révolutionnaire. Ce changement radical dons l'état d’esprit de la classe ouvrière allemande, dont les signes avant-coureurs apparaissent déjà, serait grandement facilité par la propagande révolutionnaire invitant les soldats et ouvriers allemands à lutter contre les oppresseurs nazis, à faire cause commune avec les soldats des autres pays, avec les prisonniers de guerre, avec les travailleurs étrangers, avec la population des pays occupés, pour le renversement du régime national-socialiste et du capitalisme et l'instauration des soviets Mais qui peut faire cette propagande ? Pas les capitalistes américains et anglais, évidemment, car ils luttent pour leurs propres intérêts économiques et feront tout pour éviter la bolchevisation de l’Europe. Ce ne sont pas non plus les bureaucrates russes qui ont depuis longtemps fait table rase de l'internationalisme prolétarien pour ne plus faire appel qu'au patriotisme russe : aux proclamations en faveur de la révolution mondiale, Staline préfère les exhortations radiophoniques du métropolite Serge, dont la radio de Londres a parlé, et à l'alliance révolutionnaire entre exploités, l'entente avec les impérialiste alliés. L’attitude, en France même, du Parti Communiste qui, au lieu de tendre la main aux soldats allemands, ne cesse d’employer le mot "Boche", loin de contribuer à la défaite de l'impérialisme allemand, ne peut que renforcer la propagande des nazis qui pourra avec vraisemblance faire croire au peuple allemand tout entier que c'est lui qui serait vaincu au cas où les troupes russes l'emporteraient. C'est cette attitude même qui peut être cause demain d'une répression renforcée dans les pays occupés, d'arrestations de plus en plus massives, de nouveaux massacres de militants dans l’Europe martyrisée.
La main tendue à l'ouvrier allemand
Il y a une autre voie que celle qui conduit à cette barbarie accrue : c’est celle que notre parti suit et s'efforce de faire suivre : celle qui consiste à s'adresser au soldat allemand dans les pays occupés, à l'ouvrier allemand dans les usines du Reich, comme à un frère, à s'unir à lui pour la défense des revendications communes, des plus minimes aux plus importantes ; qui, au lieu de lui rappeler la défaite, de 1918 qui ne lui a apporté que misères et ruines, met devant ses yeux l'exemple de Spartakus [Ligue fondée par Liebknecht et Rosa Luxembourg], lui parle de Liebknecht et de Rosa Luxembourg, ressuscitant ses traditions révolutionnaires oubliées.
Lorsqu'on aura réussi à détacher de cette façon le prolétariat allemand de sa bourgeoisie, alors il n'y aura plus aucun obstacle à l'effondrement total du nazisme. Le régime qui aujourd'hui opprime l'Europe entière tombera pour faire place non à une autre oppression venue d’outre-Atlantique, mais à la liquidation générale du capitalisme, à la formation des Etats-Unis Soviétiques d'Europe et du Monde."
Publié dans La Vérité n° 43 du 31 mars 1943, "Le second front et le front ouvrier" envisageait dans un avenir proche un débarquement allié qui marquerait l'ouverture d'un second front. En prévision de cet événement, le journal trotskyste appelait à la formation de "milices ouvrières et paysannes", "embryon de l'Armée rouge demain", avec cette précision importante :
"La tâche de ces milices ne doit pas être l’extermination des "Boches", mais la fraternisation avec les ouvriers et paysans allemands sous l'uniforme."
Dans "Où en est l'URSS après ses victoires", La Vérité n° 44-45 du 20 mai 1943 opposait le stalinisme, qui se caractérisait par le socialisme dans un seul pays et la haine des "boches", au trotskysme qui prônait la révolution mondiale et la fraternisation :
"Quant à la révolution mondiale, qui en parle encore en U.R.S.S. ? Le Comité Exécutif de l'Internationale Communiste s'est-il seulement réuni une seule fois depuis Septembre 1939 ? Quelle est la position de l'I.C. en face de la révolution allemande, pour ne pas parler de la révolution dans les pays démocratiques ? La propagande soviétique, loin d’appeler les soldats allemands à fraterniser, n'explique-t-elle pas qu’ils sont jusqu'au dernier autant de chiens hitlériens, de "boches", qu’il faut impitoyablement abattre ? Et loin de parler de révolution en France, Fernand Grenier proclamait-il pas à Londres "sa confiance en De Gaulle qui, le premier, a levé l’étendard de la résistance et en Giraud, commandant en chef des armées d'Afrique" ? Tout cela, plutôt qu'à favoriser la révolution mondiale, vise à tout le moins à la freiner.
Il est grand temps d'y porter remède ; et ceci par deux moyens : en U.R.S.S., les masses doivent imposer le retour à la démocratie des comités ; sur le plan international, il faut en revenir à "la politique trotskyste de la Révolution mondiale".
En réaction à l'éviction de Mussolini le 25 juillet 1943, La Vérité n° 49 du 31 juillet 1943 a publié une déclaration du POI titrée : "Si tu veux la Paix - Main tendue aux ouvriers allemands et italiens". On citera un extrait du paragraphe "Les « sales boches »" :
"Mais déversant leur poison revanchard, les radios de Londres, d'Alger et de Brazzaville, les journaux gaullistes et staliniens nous disent : « l’ouvrier allemand est un sale boche qu’il faut exterminer ».
Ouvrier français ! avant d’écouter les va-t-en-guerre indécrottables et les destructeurs de l'internationale, avant de jeter la pierre à l’ouvrier allemand, nous devons réfléchir à l'expérience qu’il a vécue."
Citons aussi le dernier paragraphe ("Fraternisation !") :
"Camarade ! Ce programme est le tien. Il faut qu’aujourd'hui, les travailleurs allemands et italiens sous l’uniforme soient sûrs que lorsqu’ils reprendront la lutte révolutionnaire, ils ne trouveront pas en toi un adversaire, mais un camarade de combat. Il faut fraterniser avec eux, leur parler toutes les fois que c'est possible, il faut leur expliquer que nous aussi, nous avons été vaincus et trahis en 1936, mais que nous voulons, comme eux, la mort du capitalisme, la construction des Etats Unis Socialiste et du Monde.
Au lieu dépasser notre temps à nous accuser les uns les autres d'être des lâches, et de n'avoir pas su faire la révolution dans notre propre pays, il faut cette fois la faire ensemble, contre l'ennemi commun.
C’est pour ce combat que t'appelle la IVe Internationale, en ces jours anniversaires de la mort de L. Trotsky, l'un des fondateurs de IC [la IIIe] dissoute par Staline [en mai 1943]. C’est pour ce combat qu'elle appelle les travailleurs du monde."
1944.
Rappelons la virulente attaque lancée par La Vérité du 25 mars 1944 contre la Résistance communiste sous le titre "« Les Cahiers (ex) Communistes »... à l'avant-garde du chauvinisme" avec l'extrait suivant :
"La classe ouvrière ne connaît pas des « boches » : son premier allié dans la lutte contre les brigands hitlériens, ce sont les travailleurs allemands en uniformes. A l'hystérie chauvine, la classe ouvrière oppose la fraternisation avec les travailleurs de tous les pays. C'est lorsqu'on trahit la classe ouvrière qu'on découvre les boches et la patrie. « Il était courant, écrit perfidement Benoit Frachon, de présenter la classe ouvrière comme insensible à l’idée de Patrie... Le patriotisme de la classe ouvrière est pur comme son courage ... aucun égoïsme ne vient ternir le sentiment qu'elle a de la Patrie. »".
Une leçon d'antiracisme à oublier
La lutte implacable des trotskystes contre le racisme anti-allemand pendant l'Occupation est la plus grande leçon d'antiracisme jamais donnée par la gauche française.
Cette inoubliable leçon d'antiracisme n'est jamais commémorée. Pourquoi ? Comment expliquer le silence assourdissant de ses artistes, de ses journalistes et de ses intellectuels ? La honte ?
Quelle que soit sa réponse, un constat s'impose : au devoir de mémoire, la gauche française préfère le devoir d'amnésie...