"Les historiens peuvent dès lors raconter les années de guerre selon te mythe de l'unité nationale. Dans cette histoire, la lutte des classes disparaît. La population française se divise en deux camps : la minorité qui collabore avec les autorités allemandes ; la majorité qui combat avec les Alliés ou met en eux ses espoirs. [...]A la différence de la Première Guerre mondiale, il n'aurait existé aucune opposition révolutionnaire, hostile à l'union sacrée et visant à transformer la guerre impérialiste en guerre civile.C'est là une simplification abusive. La politique d'union sacrée a été combattue sous des formes diverses, au sein même du P.C.F. de manière épisodique, et par plusieurs groupes militants, des socialistes de gauche aux « ultra-gauches », en passant par ceux qui se réclamaient de la IVe Internationale et qui ont mené l'opposition la plus cohérente. Les internationalistes ont diffusé une presse relativement importante sur laquelle il est fait silence dans l'histoire officielle. Au cours de la lutte qu'ils ont menée, beaucoup d'entre eux ont perdu la liberté et la vie. A ce titre déjà, leur histoire devait être écrite."(Yvan Craipeau [1], Les révolutionnaires pendant la Seconde Guerre mondiale, tome 1 : Contres vents et marées, 1977, p. 6)
[1] Yvan Craipeau (1911-2001) a été l'un des principaux responsables du mouvement trotskyste clandestin pendant l'occupation allemande.
Si l'attitude du PCF entre 1939 et 1941 est un sujet tabou, le comportement des trotskystes pendant la Seconde Guerre mondiale n'est même pas un sujet.
Ainsi, aucune controverse ne vient jamais rappeler à ces fanatiques du défaitisme révolutionnaire que pendant toute la durée de l'occupation allemande ils ont impitoyablement combattu la Résistance française au motif qu'elle était une manifestation de racisme anti-allemand.
Volontairement oubliée par l'historiographie officielle, cette odieuse réalité transparaît avec éclat dans leurs écrits clandestins : rien ne renseigne mieux sur la nature réelle de leur activité que les textes qu'ils ont eux-mêmes rédigés au moment des faits. C'est pourtant aux témoignages d'après-guerre que l'on préfère se référer pour entretenir le récit mensonger d'une Résistance trotskyste. Il est toutefois des auteurs issus du mouvement trotskyste qui revendiquent fièrement d'avoir combattu l'Union sacrée contre l'Allemagne nazie...
Une preuve accablante du délire idéologique trotskyste et de sa persistance : un texte doctrinal de 20 pages intitulé "Thèses sur la question nationale" qui a été publié dans la revue Quatrième Internationale de novembre 1942, soit près d'un an et demi après l'invasion de l'URSS par les armées allemandes.
Une preuve accablante du délire idéologique trotskyste et de sa persistance : un texte doctrinal de 20 pages intitulé "Thèses sur la question nationale" qui a été publié dans la revue Quatrième Internationale de novembre 1942, soit près d'un an et demi après l'invasion de l'URSS par les armées allemandes.
Rédigé par Marcel Hic, le chef du groupe trotskyste, ce texte de référence portait sur la légitimité des mouvements de libération nationale. Dans le cadre théorique ainsi défini, il assignait aux militants trotskystes les tâches suivantes :
"En résumé les tâches de la Quatrième Internationale en face du mouvement nationale des masses en Europe, sont les suivantes :
a) Mener une politique impitoyable contre toutes les manifestations du chauvinisme réactionnaire dans les rangs de la petite-bourgeoisie et de la classe ouvrière; dénoncer les buts impérialistes qui se cachent derrière la propagande nationale de Londres et ses valets staliniens. A l'idée d'une hégémonie allemande, anglaise, américaine ou française en Europe, à toute idée de revanche aussi bien qu'au programme d'asservissement hitlérien, opposer le programme des Etats-Unis Socialistes d'Europe qui, seuls, réaliseront effectivement le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes dans le cadre de la liquidation de l'esclavage capitaliste.
b) Mener une propagande inlassable pour la fraternisation. En particulier, organiser systématique la fraternisation entre les troupes d'occupation et la population des pays occupés, ainsi qu'entre les ouvriers allemands et les ouvriers étrangers travaillant en Allemagne."
Partant du principe que la lutte contre les Allemands était une manifestation de "chauvinisme", autrement dit de racisme, la IVe Internationale fixait à ses militants deux tâches fondamentales. La première : combattre impitoyablement la Résistance française et la Résistance communiste. La seconde : encourager inlassablement la fraternisation entre les travailleurs français et les soldats allemands.
Le message était clair...
Un exemple supplémentaire de la propagande trotskyste accusant la Résistance française d'incarner le racisme anti-allemand : La Vérité numéro spécial de mai 1944.
L'article principal était titré... "Comment en finir avec le fascisme et la guerre ?". Dans la réponse à cette question qui mettait sur le même plan fascisme et guerre, il y avait un paragraphe intitulé... "Pas de libération possible sans les prolétaires allemands et contre eux" dans lequel la Résistance était non seulement dénoncée comme raciste mais en plus condamnée avec l'argument délirant qu'elle servait les intérêts d'Hitler : "le chauvinisme renforce Hitler et prolonge la guerre". D'après les trotskystes, combattre la Résistance française était donc un moyen de mettre fin au fascisme et à la guerre !!! Le texte était de mai 1944 !!!
Une question s'impose : doit-on associer ces deux textes à la Résistance ou à la Collaboration ?
Un indice : une "Lettre ouverte au Parti Communiste Français et au Parti socialiste pour l'unité d'action ouvrière" publiée pendant la Libération de Paris dans La Vérité du 21 août 1944. Dans cette lettre signée par le Parti communiste internationaliste (PCI), on peut lire un paragraphe titré... "Pourquoi nous n'avons pas adhéré à la Résistance" :
Un indice : une "Lettre ouverte au Parti Communiste Français et au Parti socialiste pour l'unité d'action ouvrière" publiée pendant la Libération de Paris dans La Vérité du 21 août 1944. Dans cette lettre signée par le Parti communiste internationaliste (PCI), on peut lire un paragraphe titré... "Pourquoi nous n'avons pas adhéré à la Résistance" :
Pourquoi nous n'avons pas
adhéré à la Résistance
Nous savons que ce programme n'est pas le vôtre. Vous croyez devoir maintenir votre Union Sacrée avec les partis de la bourgeoisie et prendre à votre compte leurs buts de guerre. Nous croyons qu'une telle politique creuse le fossé entre les ouvriers français et allemands, qu'elle a, entre autres résultats, celui de souder les travailleurs allemands autour de leur propre bourgeoisie, de prolonger par là l’existence de Hitler, de paralyser la révolution en Allemagne et en Europe.
C’est pourquoi il ne pourrait être question pour notre Parti de se faire représenter dans les organismes communs qui vous lient à ces organisations bourgeoises, y compris les plus réactionnaires comme l'O.C.M. (que l’on dénonce comme « fasciste » dans les rangs du Parti Communiste Français).
Ces aveux sont à opposer à tous ceux qui aujourd'hui voudraient honorer d'une façon ou d'une autre la mémoire des pseudo-Résistants trotskystes.
Parfaite illustration de la ligne politique suivie par les bolchéviks-léninistes, ces trois documents ne sont qu'un échantillon représentatif de leur propagande. Dans cet article, on révélera d'autres écrits de ces antifascistes de façade qui sont tout aussi ignobles dans leur haine des Résistants que dans leur amour des troupes hitlériennes.
Pour les éclairer, on reviendra d'abord sur deux faits essentiels. D'une part, dans la guerre de 1939-1940 entre la France et l'Allemagne nazie, les communistes comme les trotskystes avaient clairement désigné leur ennemi : la France. D'autre part, pendant l'Occupation, les communistes se sont distingués de leurs camarades trotskystes en abandonnant le défaitisme révolutionnaire après le 22 juin 1941 et l'attaque allemande contre l'URSS.
Parfaite illustration de la ligne politique suivie par les bolchéviks-léninistes, ces trois documents ne sont qu'un échantillon représentatif de leur propagande. Dans cet article, on révélera d'autres écrits de ces antifascistes de façade qui sont tout aussi ignobles dans leur haine des Résistants que dans leur amour des troupes hitlériennes.
Pour les éclairer, on reviendra d'abord sur deux faits essentiels. D'une part, dans la guerre de 1939-1940 entre la France et l'Allemagne nazie, les communistes comme les trotskystes avaient clairement désigné leur ennemi : la France. D'autre part, pendant l'Occupation, les communistes se sont distingués de leurs camarades trotskystes en abandonnant le défaitisme révolutionnaire après le 22 juin 1941 et l'attaque allemande contre l'URSS.
Partie I
Les deux visages du défaitisme révolutionnaire
Les deux visages du défaitisme révolutionnaire
Deux communismes, deux Internationales
Les staliniens étaient regroupés au sein du Parti communiste français (PCF) qui était membre de la IIIe Internationale communiste (IC). Cette dernière était contrôlée par l'URSS elle même dirigée de fait par Staline, secrétaire général du Parti communiste.
Rassemblés dans des organisations groupusculaires (POI, PCI) ou constitués en tendance dans des partis concurrents (SFIO, PSOP), les trotskystes se réclamaient de Léon Trotsky et de la IVe Internationale communiste qu'il avait fondée. Ancien dirigeant bolchévique condamné à l'exil et assassiné par un camarade stalinien en août 1940, Léon Trotsky était le principal opposant à Staline qu'il accusait d'avoir trahi Lénine et la révolution d'Octobre 1917.
Les partisans de Staline étaient désignés comme communistes ou staliniens. Ceux de Trotsky comme trotskystes, communistes internationalistes ou encore bolchéviks-léninistes.
Illustration de leur différence idéologique. Les premiers défendaient le socialisme dans un seul pays (l'URSS). Les seconds appelaient à la révolution permanente autrement dit à la Révolution prolétarienne mondiale.
Défaitisme révolutionnaire (1939-1940)
Eclairés par les lumières du marxisme-léninisme, les communistes et les trotskystes ont dès le début du conflit dénoncé la guerre contre l'Allemagne nazie comme une guerre impérialiste et donc illégitime. Sa cause n'était pas le nazisme mais le capitalisme.
Par conséquent, ils ont appelé au renversement du régime capitaliste et à l'instauration d'un régime communiste qui négocierait la Paix avec Hitler. La transformation de la guerre impérialiste en guerre civile constitue le principe même du défaitisme révolutionnaire (la Paix par la Révolution socialiste). Cette stratégie prenait pour modèle la Russie bolchevique avec la révolution d'Octobre 1917 et la signature du traité de Paix de Brest-Litovsk avec l'Allemagne en mars 1918.
La position de la IIIe Internationale a été fixée par Staline au cours d'un entretien avec Georges Dimitrov, secrétaire général de l'IC, qui s'est tenu au Kremlin le 7 septembre 1939. Elle a été immédiatement transmise par télégramme à l'ensemble des partis communistes.
Par la suite, elle a été formalisée et justifiée dans un article intitulé "La guerre et la classe ouvrière des pays capitalistes". Signé par Georges Dimitrov, le texte a été rédigé en octobre 1939 et diffusé le mois suivant en France.
Dans cet article, après avoir démontré le caractère impérialiste de la guerre, le secrétaire général de l'IC appelait la classe ouvrière des pays belligérants à s'engager dans la voie du défaitisme révolutionnaire en prenant comme exemple la Russie bolchévique de 1918 :
Les partis communistes et la classe ouvrière des pays capitalistes s'inspireront de l'héroïque exemple des Bolchéviks russes, de l'exemple du glorieux parti de Lénine et de Staline, qui a montré au prolétariat, de 1914 à 1918, la voie à suivre pour sortir du de la guerre, et assuré ensuite la victoire du socialisme sur un sixième du globe.
Tenant haut le drapeau de l'internationalisme prolétarien, consolidant les liens de la solidarité fraternelle de la classe ouvrière de tous les pays, les communistes aideront par là tous les travailleurs à remplir leur mission historique.
Les impérialistes des pays belligérants ont commencé la guerre pour un nouveau partage du monde, pour la domination universelle, en vouant à l'extermination des millions d'hommes. La classe ouvrière est appelée à en finir avec cette guerre à sa façon, dans son intérêt, dans l'intérêt de toute l'humanité travailleuse, et à supprimer, ainsi, à tout jamais, les causes essentielles qui engendrent les guerres impérialistes.
La IVe Internationale a défini officiellement sa position concernant le conflit européen lors d'une Conférence extraordinaire organisée aux États-Unis à la fin du mois de mai 1940. La guerre en Europe venait d'entrer dans une nouvelle phase avec l'offensive allemande déclenchée le 10 mai sur le front Ouest (Pays-Bas, Belgique, Luxembourg et France). La Conférence a adopté un manifeste intitulé : "La guerre impérialiste et la révolution prolétarienne mondiale" (version originale - version française).
Rédigé par Léon Trotsky, ce texte était lui aussi un fervent plaidoyer pour le défaitisme révolutionnaire :
Rédigé par Léon Trotsky, ce texte était lui aussi un fervent plaidoyer pour le défaitisme révolutionnaire :
"En même temps nous n'oublions pas un instant que cette guerre n'est pas notre guerre. Contrairement à la IIe [1] et la IIIe [2] Internationales, la IVe Internationale construit sa politique non sur les fortunes militaires des Etats capitalistes mais sur la transformation de la guerre impérialiste en une guerre d'ouvriers contre les capitalistes, pour le renversement des classes dirigeantes de tous les pays, la révolution socialiste mondiale. Les changements des lignes de front, la destruction des capitales nationales ne représentent de ce point de vue que des épisodes sur la route pour la construction de la société moderne.
Indépendamment du cours de la guerre, nous remplirons notre tâche fondamentale : nous expliquons aux ouvriers que leurs intérêts et ceux du capitalisme assoiffé de sang sont irréconciliables. Nous mobilisons les travailleurs contre l'impérialisme. Nous propageons l'unité des travailleurs dans tous les pays belligérants et neutres; nous appelons à la fraternisation des ouvriers et des soldats dans chaque pays, et des soldats avec les soldats de l'autre côté de la ligne du front. Nous mobilisons les femmes et les jeunes contre la guerre. Nous menons un travail constant, persistant, inlassable de préparation à la révolution ‑ dans les usines, les ateliers, dans les villages, dans les casernes, au front et dans la flotte.
Tel est notre programme. Prolétaires du monde, il n'y a pas d’autre issue que de vous unir sous le drapeau de la IVe Internationale !"
[1] Internationale socialiste (SFIO).
[2] Internationale communiste (PCF).
[2] Internationale communiste (PCF).
Dans la guerre entre la France et l'Allemagne nazie, les champions du monde de l'antifascisme avaient donc clairement désigné leur ennemi : la France.
Défaitisme révolutionnaire (1940-1944)
Loin de provoquer un quelconque revirement, la défaite de la France et l'occupation allemande ont vu les communistes comme les trotskystes demeurer fidèles au défaitisme révolutionnaire. Leur appel à l'union avec les soldats allemands en a été la démonstration la plus spectaculaire.
Grande révélation de ces révolutionnaires illuminés par les vérités scientifiques du marxisme : sous l'uniforme allemand se cachait... un prolétaire. Pour ces antifascistes intransigeants, le soldat allemand ne devait pas être dénoncé comme un envahisseur nazi mais célébré comme un frère d'armes dans la lutte contre le véritable ennemi : le capitalisme.
Le 22 juin 1941, Hitler a attaqué l'URSS et mis fin au Pacte germano-soviétique. A la suite de cette attaque, le Parti communiste s'est engagé dans la lutte contre l'occupant allemand. La guerre contre l'Allemagne n'était plus une guerre impérialiste. Elle était désormais une guerre de libération nationale, une guerre de la liberté contre le fascisme.
Marxistes orthodoxes et fanatiques, les trotskystes sont restés fidèles à la notion léniniste de guerre impérialiste et donc au défaitisme révolutionnaire jusqu'à la libération du territoire en 1944. Pour ces bolchéviks-léninistes, une victoire militaire des Alliés aurait été avant tout une victoire du capitalisme et donc une défaite pour le prolétariat mondial. La seule guerre légitime était celle menée par l'Union soviétique après son invasion. La raison : l'URSS n'était pas un pays capitaliste. Leur solution pour mettre fin au conflit : une révolution socialiste en Allemagne. Les nations occupées par les armées du IIIe Reich étaient donc priés d'attendre leur libération d'un soulèvement du prolétariat allemand qui aurait renversé Hitler et instauré un régime de type soviétique.
Au final, le défaitisme révolutionnaire n'a été qu'une forme de Collaboration. La preuve : si les peuples opprimés par les nazis avaient suivi la ligne politique de ces idiots utiles, les hitlériens seraient toujours au pouvoir en Allemagne.
Le 22 juin 1941, Hitler a attaqué l'URSS et mis fin au Pacte germano-soviétique. A la suite de cette attaque, le Parti communiste s'est engagé dans la lutte contre l'occupant allemand. La guerre contre l'Allemagne n'était plus une guerre impérialiste. Elle était désormais une guerre de libération nationale, une guerre de la liberté contre le fascisme.
Marxistes orthodoxes et fanatiques, les trotskystes sont restés fidèles à la notion léniniste de guerre impérialiste et donc au défaitisme révolutionnaire jusqu'à la libération du territoire en 1944. Pour ces bolchéviks-léninistes, une victoire militaire des Alliés aurait été avant tout une victoire du capitalisme et donc une défaite pour le prolétariat mondial. La seule guerre légitime était celle menée par l'Union soviétique après son invasion. La raison : l'URSS n'était pas un pays capitaliste. Leur solution pour mettre fin au conflit : une révolution socialiste en Allemagne. Les nations occupées par les armées du IIIe Reich étaient donc priés d'attendre leur libération d'un soulèvement du prolétariat allemand qui aurait renversé Hitler et instauré un régime de type soviétique.
Au final, le défaitisme révolutionnaire n'a été qu'une forme de Collaboration. La preuve : si les peuples opprimés par les nazis avaient suivi la ligne politique de ces idiots utiles, les hitlériens seraient toujours au pouvoir en Allemagne.
Partie II
Les trotskystes et leur haine des Résistants
Les trotskystes et leur haine des Résistants
La Vérité
Sous l'impulsion de Marcel Hic, le principal groupe trotskyste français a repris une activité clandestine dès le mois d'août 1940 avec la diffusion d'un journal : La Vérité (Pravda en russe).
Daté du 31 août 1940, le premier numéro portait la mention "Organe bolchévik-léniniste". Une nouvelle mention est apparue en mars 1941 : "Organe communiste-révolutionnaire". Elle marquait la volonté du groupe trotskyste de constituer un parti : le Parti Communiste Révolutionnaire (PCR). Cette appellation était une attaque directe contre le Parti communiste : en se proclamant les seuls communistes véritablement révolutionnaires, les trotskystes affirmaient incarner l'héritage authentique de la révolution d'Octobre 1917 et accusaient le PCF d'en avoir trahi les principes sous l'influence du stalinisme. A partir de septembre 1941, désormais imprimée, La Vérité se présentait comme l' "Organe Central des Comités pour la IVe Internationale". En janvier 1943, les trotskystes ont concrétisé leur projet de parti en reconstituant le Parti Ouvrier Internationaliste (POI). Ce changement de structure n'a pas eu d'impact sur une réalité consubstantielle au mouvement trotskyste : l'extrême faiblesse des effectifs. C'est à partir de cette date que La Vérité a indiqué dans sa manchette "Organe du Parti Ouvrier Internationaliste". Enfin, en février 1944, le POI a fusionné avec deux autre organisations trotskystes tout aussi marginales pour donner naissance au Parti Communiste Internationaliste (PCI). Conséquence : La Vérité a été publiée jusqu'à la fin de l'Occupation avec la mention "Organe du Parti Communiste Internationaliste". Durant toute cette période clandestine, le journal a paru à raison d'un numéro par mois, exceptionnellement deux.
Dans un article du 1er février 1941 titré "Comment s'organiser", La Vérité exposait son rôle dans l'organisation et la mobilisation de la classe ouvrière :
"Camarade, tu lis la "Verité". Tu la passes à des camarades. Vous êtes quatre, cinq ou six. Groupez vous. Discutez notre politique. Confrontez la avec vos propres idées et celles des autres mouvements. Diffusez nos mots d'ordre.
Trouvez d'autres lecteurs à la "Vérité". Demandez des conseils à celui qui vous passe le journal. Peu a peu de la discussion démocratique et de l'action disciplinée de tels "groupes ouvriers", surgira dans la lutte un puissant parti des "Travailleurs".
Et soyez prudents. Attention aux mouchards. Méfiez-vous de celui qui questionne trop. Ne vous rencontrez pas toujours au même endroit. Pas de conversations inutiles dans la rue ou dans l'atelier. Courage et prudence."
Trouvez d'autres lecteurs à la "Vérité". Demandez des conseils à celui qui vous passe le journal. Peu a peu de la discussion démocratique et de l'action disciplinée de tels "groupes ouvriers", surgira dans la lutte un puissant parti des "Travailleurs".
Et soyez prudents. Attention aux mouchards. Méfiez-vous de celui qui questionne trop. Ne vous rencontrez pas toujours au même endroit. Pas de conversations inutiles dans la rue ou dans l'atelier. Courage et prudence."
Quatrième Internationale
En juin 1942, le groupe trotskyste a lancé sous la bannière des "Comités Français de la IVe Internationale" une revue théorique clandestine intitulée : "Quatrième Internationale".
Ce premier numéro définissait clairement la mission de cette publication :
"Si nous éditons aujourd'hui une revue théorique, c'est que nous avons senti qu'il fallait à notre organisation une arme de propagande et d'éclaircissement politique plus profond que La Vérité. Quatrième Internationale sera, pour nos camarades, un bon instrument d'éducation et de discussion. Elle sera l'instrument de l'organisation des travailleurs dans les "groupes ouvriers".
Sa tâche idéologique essentielle reste de montrer qu'il n'y a qu'une issue réelle au chaos actuel, c'est la révolution prolétarienne mondiale, la construction des Etats-Unis Socialistes du Monde. Pour cela, il lui faudra combattre impitoyablement le chauvinisme stalino-gaulliste, aussi bien que le "collaborationnisme" fasciste et bonapartiste. Notre tâche est rude, mais elle vaut la peine qu'on lui sacrifie tout. Le résultat final, la libération du monde du joug capitaliste, est celui que tout ouvrier conscient, tout intellectuel éclairé, doit souhaiter de toutes ses forces, car, en dehors de cela, il ne reste à l'humanité qu'à envisager le retour progressif vers la barbarie, la misère, les épidémies, les ténèbres."
En novembre 1942, les trotskystes français ont décidé de constituer un Secrétariat Européen de la IVe Internationale pour donner l'illusion qu'un pôle européen du mouvement trotskyste était organisé.
Ce Secrétariat a pris la succession des Comités Français de la IVe Internationale. C'est donc sous l'égide du "Secrétariat Européen de la IVe Internationale" que le deuxième numéro de Quatrième Internationale a été publié en novembre 1942. Conséquence de ce tour de magie : les textes publiés dans ce numéro exprimaient la position de la Section européenne de la IVe Internationale et non plus celle des seuls trotskystes français.
Ce Secrétariat a pris la succession des Comités Français de la IVe Internationale. C'est donc sous l'égide du "Secrétariat Européen de la IVe Internationale" que le deuxième numéro de Quatrième Internationale a été publié en novembre 1942. Conséquence de ce tour de magie : les textes publiés dans ce numéro exprimaient la position de la Section européenne de la IVe Internationale et non plus celle des seuls trotskystes français.
La Vérité du 31 août 1940
Le 31 aout 1940, deux mois après la signature de l'armistice franco-allemand, un premier numéro de La Vérité clandestine était diffusé à l'initiative de Marcel Hic et d'Yvan Craipeau.
Symbole fort du trotskysme, le titre du journal reprenait celui de la feuille diffusée à partir de 1929 par l'Opposition communiste qui s'était structurée l'année suivante pour donner naissance à la première organisation trotskyste en France : la Ligue communiste. Ce choix faisait lui-même référence à la Pravda (Vérité) fondée par Trotsky en 1908 à Vienne. Précisons que ce journal était distinct de la Pravda bolchevique créée par Lénine en 1912, qui est devenue par la suite l'organe officiel du Parti communiste d'Union soviétique. Quant à la mention "Organe Bolchevik-Leniniste", elle indiquait le contenu idéologique du journal et ne faisait aucune référence à une organisation trotskyste particulière.
De ce premier numéro de La Vérité clandestine, on retiendra l'article "Paris-Vichy". Dans ce texte, après avoir condamné le Gouvernement Pétain et les collaborationnistes de Paris, les trotskystes exigeaient "la conclusion immédiate de la Paix entre la France et l'Allemagne" :
"A BAS LA DIPLOMATIE SECRETE DE WIESBADEN [siège de la commission d'armistice] ! Nous réclamons la conclusion immédiate de la Paix entre la France et l'Allemagne, d'une Paix sans annexions ni indemnités !!!"
En appelant - comme le maréchal Pétain - à la conclusion d'un Traité de Paix franco-allemand, les trotskystes indiquaient clairement qu'ils approuvaient l'arrêt des combats consécutif à l'armistice franco-allemand signé le 22 juin 1940. Une position logique pour ces militants du défaitisme révolutionnaire.
Ils étaient donc en totale en opposition avec la Résistance qui était fondée sur le refus de cet armistice et la volonté de poursuivre le combat contre les Allemands. Le parfait exemple étant l'appel du général de Gaulle diffusé le 18 juin 1940 soit le lendemain de la demande d'armistice formulée par le maréchal Pétain.
La Vérité du 31 août 1940 était donc un numéro qui plaidait pour la Paix avec Hitler et n'appelait nullement à la Résistance.
La Vérité du 31 août 1940 était donc un numéro qui plaidait pour la Paix avec Hitler et n'appelait nullement à la Résistance.
Une pointe d'humour : la page Wikipédia consacrée à La Vérité affirme que ce journal a été... "le premier journal de la Résistance".
A la décharge des apologistes du mouvement trotskyste qui ont rédigé cette page, leur affirmation péremptoire a été formulée dans... La Vérité n° 74 du 30 septembre 1944.
Dans un texte titré "Liberté de la presse", le journal publiait la réponse qu'il avait adressé au président de la Fédération nationale de la presse française, Albert Bayet, pour s'indigner de n'avoir toujours pas reçu l'autorisation de paraître au motif qu'il n'aurait pas apporté les preuves de sa résistance à l'occupant allemand. On reproduira ci-après le paragraphe "Le premier organe qui « résistait » à Hitler" :
A la décharge des apologistes du mouvement trotskyste qui ont rédigé cette page, leur affirmation péremptoire a été formulée dans... La Vérité n° 74 du 30 septembre 1944.
Dans un texte titré "Liberté de la presse", le journal publiait la réponse qu'il avait adressé au président de la Fédération nationale de la presse française, Albert Bayet, pour s'indigner de n'avoir toujours pas reçu l'autorisation de paraître au motif qu'il n'aurait pas apporté les preuves de sa résistance à l'occupant allemand. On reproduira ci-après le paragraphe "Le premier organe qui « résistait » à Hitler" :
Le premier organe
qui « résistait » à Hitler
qui « résistait » à Hitler
On nous demande si La Vérité a été un organe « résistant » depuis quatre ans ? Le premier numéro de La Vérité parut ronéoté, dans la clandestinité, dès le mois d’août 1940. Il existait alors un autre organe clandestin : l’Humanité, mais tous les parisiens se souviennent que l'Humanité était alors distribué dans les rues avec le consentement tacite de l'occupant et qu’elle fit du reste une demande officielle pour paraître légalement. Elle paraissait alors sans une seule ligne contre l'occupation allemande en vertu des accords germano-russes qu'elle défendait chaudement. Au contraire, La Vérité qui portait en manchette : « Ni Pétain, ni Hitler, gouvernement ouvrier et paysan » attaquait violemment le nazisme, dénonçait la razzia des marchandises, appelait au regroupement contre le fascisme des deux côtes de la ligne de démarcation, etc... A notre connaissance, LA VERITE ETAIT LE PREMIER ORGANE RESISTANT.
Trois remarques. Tout d'abord, pour obtenir sa légalisation, La Vérité a mis en avant son engagement dans la Résistance dès les premiers jours de l'occupation et donc déclaré, sans la moindre honte, le contraire de ce qu'elle avait fièrement proclamé dans son numéro du... 21 août 1944 : "Pourquoi nous n'avons pas adhéré à la Résistance". Ensuite, le journal trotskyste a été la première publication à évoquer les négociations de l'été 1940 entre le PCF et les Allemands concernant la légalisation de l'Humanité. Enfin, sa description du numéro du 30 août 1940 était incomplète...
"Thèses sur la question nationale" de novembre 1942
Le deuxième numéro de la revue Quatrième Internationale a été publié en novembre 1942 sous l'égide du "Secrétariat Européen de la IVe Internationale".
Il était entièrement consacré à la publication des "Thèses sur la question nationale". Rédigé par Marcel Hic, le chef du groupe trotskyste, ce texte doctrinal de 20 pages portait sur la légitimité des mouvements de libération nationale.
Pour en souligner la portée, la revue affirmait que ces "Thèses" avaient été "adoptées à l'unanimité en juillet 1942 par des sections européennes de la IVe Internationale quelque part en Europe occupée". Quelle mise en scène...
Pour en souligner la portée, la revue affirmait que ces "Thèses" avaient été "adoptées à l'unanimité en juillet 1942 par des sections européennes de la IVe Internationale quelque part en Europe occupée". Quelle mise en scène...
Dans ce document, la IVe Internationale affirmait "qu'il n'y a de solution à la question nationale que par la révolution prolétarienne internationale".
En clair, elle soutenait que la libération des pays occupés par les Allemands, et notamment celle de la France, ne pourrait résulter que de la prise du pouvoir par le prolétariat en lutte contre sa propre bourgeoisie. Dans ce combat, il serait impératif d'associer les ouvriers allemands sous l'uniforme. Cette Révolution socialiste accoucherait d'un gouvernement bolchévique dont la première tâche serait de négocier la Paix avec... Hitler. Ayant pour modèle la révolution bolchévique de 1917 qui avait mis fin à la guerre avec l'Allemagne, ce projet délirant devait donc garantir à la fois la libération sociale (fin du capitalisme) et la libération nationale (fin de l'occupation allemande) de la France.
Dans le cadre théorique ainsi défini, la IVe Internationale assignait à ses militants les tâches suivantes :
Dans le cadre théorique ainsi défini, la IVe Internationale assignait à ses militants les tâches suivantes :
"En résumé les tâches de la Quatrième Internationale en face du mouvement nationale des masses en Europe, sont les suivantes :
a) Mener une politique impitoyable contre toutes les manifestations du chauvinisme réactionnaire dans les rangs de la petite-bourgeoisie et de la classe ouvrière; dénoncer les buts impérialistes qui se cachent derrière la propagande nationale de Londres et ses valets staliniens. A l'idée d'une hégémonie allemande, anglaise, américaine ou française en Europe, à toute idée de revanche aussi bien qu'au programme d'asservissement hitlérien, opposer le programme des Etats-Unis Socialistes d'Europe qui, seuls, réaliseront effectivement le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes dans le cadre de la liquidation de l'esclavage capitaliste.
b) Mener une propagande inlassable pour la fraternisation. En particulier, organiser systématique la fraternisation entre les troupes d'occupation et la population des pays occupés, ainsi qu'entre les ouvriers allemands et les ouvriers étrangers travaillant en Allemagne. [...]
h) Participer à tout soulèvement nationale des masses avec les mots d'ordre de la Quatrième Internationale pour les détourner de la voie impérialiste et les orienter vers la voie prolétarienne.
i) L'organisation révolutionnaire doit apprendre que sa tâche est double : d'une part, mener une lutte idéologique contre le courant, mener une politique incessante contre les tendances qui entraînent nécessairement les cercles politiques petits-bourgeois (et à leur suite les couches arriérées de la classe ouvrière) dans les canaux boueux du chauvinisme; d'autre part, participer à fond au mouvement qui dresse la petite-bourgeoisie (et, à plus forte raison, les masses ouvrières) contre le Grand Capital, s'efforcer d'en prendre la tête afin de le détourner d'une nouvelle alliance avec l'impérialisme et le diriger au travers de l'action chaque jour dans la voie la Révolution prolétarienne international.
j) Un tel objectif ne peut être atteint que si la classe ouvrière prend elle-même conscience de ses propres forces et de sa tâche historique, et parvient à s'organiser de façon autonome sur la base de son programme de classe. C'est ce but qui reste l'objectif essentiel du Parti Mondial de la Révolution socialiste (Quatrième Internationale).
Partant du principe que la lutte contre les Allemands était une manifestation de "chauvinisme", autrement dit de racisme, la IVe Internationale fixait à ses militants deux tâches fondamentales. La première : combattre impitoyablement la Résistance française et la Résistance communiste. La seconde : encourager inlassablement la fraternisation entre les travailleurs français et les soldats allemands.
Le message était clair...
Le message était clair...
Il était par ailleurs en totale adéquation avec la profession de foi publiée dans le premier numéro de la revue : "combattre impitoyablement le chauvinisme stalino-gaulliste".
Notons aussi qu'il était demandé aux militants trotskystes de s'infiltrer dans tout "soulèvement national des masses" pour le détourner de la lutte contre l'occupant allemand et l'orienter vers une ligne révolutionnaire.
"Thèses sur la liquidation de la deuxième guerre impérialiste
et la montée révolutionnaire" de février-mars 1944
Preuve supplémentaire du fanatisme des trotskystes : leur volonté de s'infiltrer dans les organisations de la Résistance pour les détruire de l'intérieur.
Les faits. En février 1944, une Conférence Européenne de la IVe Internationale a été organisée clandestinement en France à Saint-Germain-la-Poterie près de Beauvais (Oise).
Si l'on en juge par le nombre et l'origine géographique de ses participants — moins d'une dizaine, principalement des Français et quelques Belges — cette Conférence Européenne n'était en réalité qu'une simple réunion entre camarades.
Évidemment, les trotskystes en ont donné une tout autre présentation. Ainsi, La Vérité du 29 avril 1944 a souligné l'importance de cet événement pour le mouvement trotskyste :
Évidemment, les trotskystes en ont donné une tout autre présentation. Ainsi, La Vérité du 29 avril 1944 a souligné l'importance de cet événement pour le mouvement trotskyste :
A la veille du tournant décisif de la deuxième guerre impérialiste,
une Conférence Européenne de la IVe Internationale vient de se réunir
La IVe Internationale vient de donner en pleine guerre impérialiste la preuve de sa vitalité. Pendant plusieurs jours s'est tenue, quelque part en Europe, une conférence de ses sections européennes. Le but de cette conférence était de tirer les leçons de la dernière époque — depuis septembre 1939 — de définir, à la veille du tournant décisif de la deuxième guerre impérialiste, d’une façon claire et précise la ligne politique générale des bolchéviks-léninistes, de donner à l'avant-garde révolutionnaire les armes politiques qui lui permettront d'accomplir sa mission dans les gigantesques combats de demain.
EN SEPTEMBRE 1938, devant la menace grandissante de la guerre impérialiste, eut lieu le CONGRES CONSTITUTIF DE LA IVe INTERNATIONALE. Ce congrès s'adressa à la classe ouvrière pour l'avertir du danger imminent d’une nouvelle guerre impérialiste de brigandage et de rapines, et pour dénoncer la trahison des partis socialiste et stalinien de la IIe et IIIe Internationales, « sergents recruteurs de l'impérialisme » (Manifeste du Congrès de 1938).
EN MAI 1940, à la veille de l’effondrement de l’impérialisme français, la IVe Internationale fut à nouveau la seule organisation prolétarienne qui, par sa CONFERENCE INTERNATIONALE, s'adressa aux travailleurs du monde dans un langage révolutionnaire et internationaliste fidèle à l'exemple de Lénine :
« Indépendamment du cours de la guerre, nous remplissons notre tâche fondamentale : nous expliquons aux ouvriers l'opposition inconciliable de leurs intérêts et des intérêts du capitalisme assoiffé de sang ; nous mobilisons les exploités contre l'impérialisme; nous travaillons à l’union des ouvriers de tous les pays belligérants et neutres ; nous appelons à la fraternisation des ouvriers et des soldats dans chaque pays, ainsi qu'à la fraternisation des soldats allemands avec les soldats du côté opposé du front. Nous mobilisons les femmes et les Jeunes contre la guerre, nous poursuivons une préparation constante, persistante, infatigable de la révolution dans les usines, dans les villages, dans les casernes, au front et sur la flotte ». (Manifeste de la conférence internationale de 1940).
AUJOURD’HUI, au moment où la monstrueuse boucherie impérialiste entre dans sa dernière phase, où les Etats-Majors des brigands dressent leurs plans contre-révolutionnaires, où les diplomates complotent en grand secret pour imposer aux masses de nouvelles chaînes et pour tenter d'étouffer la révolution prolétarienne qui monte en Europe et dans le monde, seule la IVe Internationale indique clairement à la classe ouvrière ses objectifs révolutionnaires :
« La IVe Internationale s'efforce partout, dès maintenant, autour de chaque revendication immédiate, et si humble soit-elle, de mobiliser et d’organiser la classe ouvrière, de surmonter son émiettement organisationnel, sa dispersion politique en vue des gigantesques combats de classes qui approchent. Elle met au premier plan de ses préoccupations immédiates de recréer le FRONT OUVRIER...
...Chaque jour, dans chaque pays, modifie le rapport de forces entre la bourgeoisie et le prolétariat, sape les fondements du pouvoir bourgeois...
...Dans la grande crise qui s'ouvre, le triomphe du prolétariat est certain : s'il sait peser froidement les forces de l'adversaire et les siennes, s'il a une conscience de classe aiguë, une organisation de combat solide et une audace à toute épreuve...
...Il doit opposer aux formations de la bourgeoisie ses propres formations, aux plans de l'impérialisme ses propres plans, à l'Etat-Major de la réaction son propre Etat-Major. Pour vaincre, le prolétariat mondial a besoin d'un parti mondial inébranlablement fidèle à ses intérêts de classe et à son programme, un parti qui n'a jamais pactisé, qui ne pactisera jamais avec son ennemi de classe... ». (Thèses de la Conférence Européenne).
LISEZ, DISCUTEZ ET FAITES CONNAITRE DANS LA CLASSE OUVRIERE LES DOCUMENTS DE LA CONFERENCE EUROPEENNE PUBLIES DANS « QUATRIEME INTERNATIONALE » Revue du Comité Exécutif Européen, N° 4-5 de Février-Mars 1944.
Comme l'indique le journal trotskyste, les textes adoptés au cours de cette "conférence" ont été publiés dans le numéro 4-5 de février-mars 1944 de Quatrième Internationale.
La revue se présentait désormais comme l' "organe du Comité exécutif européen de la IVe Internationale", c'est-à-dire d'une instance de direction et non plus d'un simple secrétariat européen. Il fallait en conclure que le mouvement trotskyste était non seulement structuré, mais qu'en plus il disposait d'une organisation à l'échelle européenne. Encore un miracle de la pensée magique.
Dans ce double numéro imprimé, on pouvait notamment lire un texte doctrinal de 13 pages intitulé : "Thèses sur la liquidation de la deuxième guerre impérialiste et la montée révolutionnaire".
Publiées quelques mois avant la Libération, ces "Thèses" témoignaient une nouvelle fois de l'adhésion inébranlable des trotskystes au défaitisme révolutionnaire comme l'atteste la simple lecture des titres de leurs trois parties :
La revue se présentait désormais comme l' "organe du Comité exécutif européen de la IVe Internationale", c'est-à-dire d'une instance de direction et non plus d'un simple secrétariat européen. Il fallait en conclure que le mouvement trotskyste était non seulement structuré, mais qu'en plus il disposait d'une organisation à l'échelle européenne. Encore un miracle de la pensée magique.
Dans ce double numéro imprimé, on pouvait notamment lire un texte doctrinal de 13 pages intitulé : "Thèses sur la liquidation de la deuxième guerre impérialiste et la montée révolutionnaire".
Publiées quelques mois avant la Libération, ces "Thèses" témoignaient une nouvelle fois de l'adhésion inébranlable des trotskystes au défaitisme révolutionnaire comme l'atteste la simple lecture des titres de leurs trois parties :
- "I. La décomposition du système capitaliste et la deuxième guerre impérialiste".
- "II. La transformation de la guerre impérialiste en guerre civile".
- "III. La révolution prolétarienne et les tâches de la IVe Internationale en Europe".
- "II. La transformation de la guerre impérialiste en guerre civile".
- "III. La révolution prolétarienne et les tâches de la IVe Internationale en Europe".
On retiendra de la Partie III un extrait dans lequel étaient définies les tâches que devaient accomplir les bolchéviks-léninistes (BL) face au développement de la Résistance dans les pays européens occupés par les Allemands :
"Devant le caractère, en partie spontané, du mouvement des partisans, expression de la révolte ouverte et inévitable des larges couches travailleuses contre l'impérialisme allemand et contre l'ordre et l'état de la bourgeoisie indigène qui personnifient à leurs yeux les responsables de leur misère et de leurs souffrances actuelles, les B.L. sont obligés de prendre en considération cette volonté de lutte des masses et de tâcher, malgré les multiples dangers consécutifs aux formes nationalistes que revêt cette lutte, de l'orienter vers des buts de classe. [...]
Ainsi les B.L. ne peuvent pas se contenter aujourd’hui de dénoncer ces organisations comme travaillant au service de l'impérialisme. Ils ne se contenteront pas de rappeler aux prolétaires la primauté du travail d'usine et à faire tous les efforts possibles pour les retenir dans le cycle de la production. Ils s'efforceront, en même temps, de faire pénétrer leur politique dans les rangs des partisans, en vue de regrouper les forces révolutionnaires latentes qui s'y trouvent sur une base politique et organisationnelle de classe.
Dans ce but, ils développent le programme suivant : [...]
3) Se constituer dans les rangs des organisations militaires contrôlée par l'Union Sacrée de la bourgeoisie anti-allemande et les staliniens, en fraction camouflée, ayant sa propre discipline, et orientée résolument vers la rupture avec ces organisations à chaque moment où cela devient avantageux ou nécessaire.
4) Repousser toute politique d'assassinat des soldats allemands, toute action de sabotage, même militaire, qui creuserait le fossé entre travailleurs indigènes [1] et soldats allemands. [...]
7) Organiser la propagande de fraternisation avec les troupes d'occupation, et ouvrir leurs rangs aux déserteurs allemands."
Face au développement des maquis consécutif à l'arrivée des jeunes fuyant le Service du travail obligatoire (STO), la IVe Internationale adoptait une nouvelle stratégie pour combattre la Résistance : l'entrisme, la grande spécialité des trotskystes.
Les militants trotskystes étaient ainsi appelés à se constituer en "fraction camouflée" dans les organisations de la Résistance. Cette fraction étant "orientée résolument vers la rupture avec ces organisations à chaque moment où cela devient avantageux ou nécessaire" !!!
L'immoralité (la dissimulation) au service d'un projet immoral : détruire la Résistance de l'intérieur. Telle était, en une phrase, la définition du trotskysme pendant l'Occupation.
Autres tâches tout aussi importantes : dénoncer les "assassinats de soldats allemands" et les actes de "sabotage", et diffuser une propagande incitant les Français à fraterniser avec l'occupant nazi.
Le message encore une fois était clair...
Le message encore une fois était clair...
La Vérité numéro spécial de mai 1944
Un exemple supplémentaire de la propagande trotskyste accusant la Résistance française d'incarner le racisme anti-allemand : La Vérité numéro spécial de mai 1944.
L'article principal était titré... "Comment en finir avec le fascisme et la guerre ?". Dans la réponse à cette question qui mettait sur le même plan fascisme et guerre, il y avait un paragraphe intitulé... "Pas de libération possible sans les prolétaires allemands et contre eux" dans lequel la Résistance était non seulement dénoncée comme raciste mais en plus condamnée avec l'argument délirant qu'elle servait les intérêts d'Hitler : "le chauvinisme renforce Hitler et prolonge la guerre". D'après les trotskystes, combattre la Résistance française était donc un moyen de mettre fin au fascisme et à la guerre !!! Le texte était de mai 1944 !!! On reproduira ce paragraphe :
Pas de libération possible
sans les prolétaires allemands
et contre eux.
sans les prolétaires allemands
et contre eux.
« Chassons d'abord les nazis ! » disent de nombreux travailleurs exaspérés par les privations et les brimades. Et bien sûr, nous aussi, communistes internationalistes, nous luttons pour mettre fin à la dictature sanglante des SS. Nous aussi, nous sabotons la production de guerre contre l'U.R.S.S.
Mais, sous prétexte de combattre les nazis, les bourgeois et les chauvins excitent la haine contre tous les allemands, exploiteurs et prolétaires, bourreaux et victimes. Ces soi-disant anti-racistes incriminent la « race allemande », comme les racistes incriminent la race juive. Les uns et les autres savent ce qu’ils font. Il s'agit d'empêcher les travailleurs de s'en prendre aux vrais responsables de la guerre et de la misère : aux capitalistes de toutes nationalités et de toutes « races ». Il s'agit de détourner leur colère contre leurs frères d'une autre race ou d’un autre pays, pour diviser le front des travailleurs au seul profit des capitalistes.
En réalité, il n’y a pas d’unité allemande; c'est un mensonge de Hitler, de Churchill et de Grenier. En Allemagne, il y a les bourreaux SS. Mais, il y a aussi les prolétaires qui ont versé leur sang, de 1918 à 1923, à Berlin à Hambourg et à Munich, pour les soviets et le socialisme — les 13 millions de prolétaires socialistes et communistes qui ont lutté avec leur poitrine contre la peste brune — et dont des dizaines de milliers ont péri dans la lutte, ou pourrissent dans les camps. Hitler a passé malgré leurs efforts. Il a passé parce que les capitalistes du monde entier ont subventionné les nazis contre le bolchevisme — parce que, dans leur lutte, les ouvriers ont été abandonnés et trahis par les soi-disant socialistes et communistes. Aujourd'hui, les capitalistes du monde entier tiennent les ouvriers allemands pour responsables de la dictature hitlérienne qui les écrase et les soi-disant socialistes et communistes font chorus.
On proclame qu'on va écraser et dépecer l'Allemagne, déporter ses travailleurs, tirer vengeance sur le peuple allemand des crimes commis par les bandits nazis. On empêche la fraternisation, on jette ainsi dans les bras d'Hitler les travailleurs allemands désespérés et sans autre issue. Le chauvinisme renforce Hitler et prolonge la guerre. Seul les capitalistes y gagnent. Ils espèrent ainsi exploiter à leur profit les richesses de l'Allemagne mise au pillage. Ils espèrent prolonger indéfiniment la bonne affaire de la guerre. Ils divisent déjà aujourd'hui le front des travailleurs.
Or une Europe pacifique n'est possible que si les travailleurs allemands chassent eux-mêmes leurs bourreaux nazis, et construisent la société socialiste, la main dans la main avec les travailleurs des autres pays.
Dès maintenant, nombreux sont les soldats allemands qui veulent abattre leur bourgeoisie. Il faut savoir les joindre, leur tendre la main comme à des frères de combat, les aider à constituer leurs groupes illégaux, demain leurs conseils de soldats comme en 1918.
Guerre aux nazis et fraternisation avec les soldats : c’est la seule attitude communiste, la seule attitude capable de dissoudre le mensonge de l'unité allemande, de désagréger l'armée de Hitler, de précipiter la révolution en Allemagne.
Seuls s'y opposent ceux qui craignent comme le feu la révolution en Allemagne et en Europe. Séparer le prolétariat allemand comme un chien galeux des ouvriers des autres pays, c'est la tactique de la bourgeoisie pour écraser séparément les uns et les autres. Les unir dans la lutte commune, telle est la voie du communisme.
La Vérité du 10 juin1944
Est-ce que le débarquement des Alliés en Normandie le 6 juin 1944 a marqué le début de la libération de la France ?
La réponse des trotskystes a été un non catégorique. Ils l'ont clairement formulée dans La Vérité du 10 juin 1944. Ce numéro était entièrement consacré à la publication d'un appel aux "Travailleurs !" intitulé "La libération des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes".
Cet appel dénonçait le débarquement anglo-américain comme une manifestation de l'impérialisme et du racisme anglo-saxons :
"Les forteresses volantes et les tanks d’Eisenhower n’apporteront pas la libération des travailleurs de l'Europe. A la place de l'impérialisme allemand qui s'écroule, ils viennent imposer la domination du capital financier yankee et anglais".
Ne soyons pas dupes de la propagande chauvine de la bourgeoisie «Alliée» et de ses agents".
Autre intérêt de ce texte de juin 1944 : la haine vouée aux Résistants. En effet, accusant la Résistance française d'être le bras armé de la bourgeoisie pro-anglaise, les trotskystes appelaient les ouvriers à former des milices pour... la combattre !!! :
Contre les bandes réactionnaires,
organisons nos milices ouvrières !
organisons nos milices ouvrières !
Contre les travailleurs, les réactionnaires organisent leurs forces armées : non seulement la milice de Darnand au service de Hitler et de la bourgeoisie collaborationniste, mais aussi les formations réactionnaires de la « résistance » comme l’O.C.M. (Organisation Civile et militaire.) et l’ARMEE SECRETE des officiers réactionnaires.
Toutes ces organisations réactionnaires de guerre civile s’apprêtent à nous tomber dessus dès que nous nous mettrons à nous libérer. Pour leur résister, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.
Pour cela, il faut s'organiser en petits groupes, dans les usines souder les usines en un puissant Front Ouvrier. Il faut armer les travailleurs dans les entreprises. Il faut qu’ils s'organisent dans les formations de milice ouvrière, sans distinction d'organisation politique ou syndicale.
Partie III
Les trotskystes et leur amour des troupes hitlériennes
Les trotskystes et leur amour des troupes hitlériennes
Appel à fraterniser avec les soldats allemands
La fraternisation avec les soldats ennemis constituait une composante fondamentale du défaitisme révolutionnaire.
C'est donc sans surprise que la IVe Internationale l'a expressément mentionnée dans son manifeste de mai 1940 rédigé par Léon Trotsky et intitulé "La guerre impérialiste et la révolution prolétarienne mondiale" :
"Indépendamment du cours de la guerre, nous remplirons notre tâche fondamentale :
nous expliquons aux ouvriers que leurs intérêts et ceux du capitalisme assoiffé de sang sont irréconciliables. Nous mobilisons les travailleurs contre l'impérialisme. Nous propageons l'unité des travailleurs dans tous les pays belligérants et neutres; nous appelons à la fraternisation des ouvriers et des soldats dans chaque pays, et des soldats avec les soldats de l'autre côté de la ligne du front".
Avec la présence massive de soldats allemand consécutive à l'occupation du pays, les trotskystes, fidèles à la ligne fixée par le maître, ont placé la fraternisation avec l'ennemi au centre de leur projet politique.
Ils ont même affirmé qu'elle était la condition de la libération de la France !!! comme l'atteste La Vérité du 1er février 1941 et l'article "L'Internationale renaitra" dans lequel on pouvait lire :
Ils ont même affirmé qu'elle était la condition de la libération de la France !!! comme l'atteste La Vérité du 1er février 1941 et l'article "L'Internationale renaitra" dans lequel on pouvait lire :
"Et notre arme essentielle, pour libérer la France, sera la FRATERNISATION avec les soldats allemands en lutte contre leur propre impérialisme".
Dans cet extrait, le journal trotskyste soutenait que "la FRATERNISATION" avec les Allemands étaient une "arme essentielle" pour "libérer la France" du... capitalisme.
Contre l'extermination... "« des Boches »"
A ceux qui refusaient de fraterniser avec les nazis et voulaient s'engageaient dans la Résistance, les trotskystes répondaient : vous êtes des racistes.
Et, pour mieux stigmatiser la dimension prétendument raciste de leur engagement, ils les accusaient de vouloir exterminer les "boches". Les Juifs apprécieront...
Deux preuves de cette accusation honteuse. Tout d'abord, La Vérité du 31 mars 1943. Publié dans ce numéro, l'article "Le second front et le front ouvrier" envisageait dans un avenir proche un débarquement allié qui marquerait l'ouverture d'un second front. En prévision de cet événement, le journal trotskyste appelait à la formation de "milices ouvrières et paysannes", "embryon de l'Armée rouge demain", avec cette précision importante :
Deux preuves de cette accusation honteuse. Tout d'abord, La Vérité du 31 mars 1943. Publié dans ce numéro, l'article "Le second front et le front ouvrier" envisageait dans un avenir proche un débarquement allié qui marquerait l'ouverture d'un second front. En prévision de cet événement, le journal trotskyste appelait à la formation de "milices ouvrières et paysannes", "embryon de l'Armée rouge demain", avec cette précision importante :
"La tâche de ces milices ne doit pas être l'extermination des "Boches", mais la fraternisation avec les ouvriers et les paysans allemands sous l'uniforme."
Rappelons que La Vérité du 10 juin 1944 qu'on a précédemment citée définissait clairement la mission de ces milices : combattre la Résistance française.
Ensuite, La Vérité du 31 juillet 1943. A la suite de l'éviction de Mussolini le 25 juillet 1943, ce numéro a publié une déclaration du POI titrée : "Si tu veux la Paix - Main tendue aux ouvriers allemands et italiens". On citera un extrait du paragraphe "Les « sales boches »" :
Ensuite, La Vérité du 31 juillet 1943. A la suite de l'éviction de Mussolini le 25 juillet 1943, ce numéro a publié une déclaration du POI titrée : "Si tu veux la Paix - Main tendue aux ouvriers allemands et italiens". On citera un extrait du paragraphe "Les « sales boches »" :
"Mais déversant leur poison revanchard, les radios de Londres, d'Alger et de Brazzaville, les journaux gaullistes et staliniens nous disent : « l’ouvrier allemand est un sale boche qu’il faut exterminer ».
Ouvrier français ! avant d’écouter les va-t-en-guerre indécrottables et les destructeurs de l'internationale, avant de jeter la pierre à l’ouvrier allemand, nous devons réfléchir à l'expérience qu’il a vécue."
Répression allemande
Est-ce que la brutale répression allemande a eu impact sur les orientations politiques des trotskystes ? Pas du tout. Au contraire, ces derniers ont considéré qu'elle était la preuve du succès de leur action parmi les soldats allemands.
L'opération policière la plus spectaculaire contre les groupuscules trotskystes s'est déroulée au début du mois d'octobre 1943 dans la ville de Brest qui abritait un port militaire et une base sous-marine utilisés par les Allemands, avec le démantèlement de la cellule locale du Parti Ouvrier Internationaliste (POI). Elle s'est prolongée avec des arrestations à Paris de plusieurs militants dont le chef du Parti : Marcel Hic.
Cette opération menée par la Gestapo a bénéficié de la trahison d'un soldat allemand appartenant à cette cellule. Celle-ci était parvenue à en recruter plusieurs pour mener à bien sa mission principale : diffuser parmi les troupes d'occupation un journal en langue allemande prônant la révolution socialiste et l'union des prolétaires.
La Vérité du 15 octobre 1943 a réagi à cette situation dans un article intitulé "La Gestapo pourchasse nos militants" :
Devant notre propagande de fraternisation
LA GESTAPO POURCHASSE NOS MILITANTS
Depuis 15 jours, la Gestapo est sur les dents. Essayant de parer au coup mortel que notre propagande de fraternisation porte au régime nazi, elle pourchasse nos militants, aidée en cela par les rapports de la Préfecture.
Dans son aveuglement, la Gestapo recherche et arrête également de prétendus trotskystes, anciens militants politiques ou syndicaux, et qui avaient cessé depuis la guerre toute activité réelle. Tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont approchés sont visés. Tous doivent se tenir sur leurs gardes.
Quant à nous, rien ne nous arrêtera, ni les provocations policières et les tortures qui nous sont promises.
Nous savons qu'en tendant la main à l'ouvrier allemand sous l'uniforme, nous frappons l'hitlérisme avec plus d'efficacité que ne sauraient le faire des assassinats terroristes. Que la Gestapo s'en aperçoive - un peu tard - n'est pour nous qu'une raison de plus de persévérer.
On notera l'argument insensé défendu par les trotskystes pour se convaincre que le défaitisme révolutionnaire permettrait la libération de la France : la fraternisation est préférable à la lutte armée pour vaincre Hitler !!!
Jusqu'à la défaite de l'Allemagne nazie, ces idiots utiles ont parfaitement assumé leurs délires révolutionnaires et marqué avec fierté leur opposition à la Résistance.
Débarquement du 6 juin 1944
Pour souligner une nouvelle fois le fanatisme des trotskystes, on citera trois exemples de leur propagande pro-allemande postérieurs au débarquement des Alliés du 6 juin 1944.
On commencera avec La Vérité du 10 juin 1944 qui était composé d'un seul texte condamnant vigoureusement l'intervention anglo-américaine : "La libération des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes". Dans ce texte, les trotskystes encourageaient les Français à fraterniser avec les soldats allemands et, précision importante, les invitaient à ne pas commettre l'erreur malheureuse de les confondre avec les SS :
Fraternisons, main tendue aux soldats allemands ! [...]
"Quiconque parle maintenant aux soldats allemands sait qu'ils sont prêts à rompre avec leur bourgeoisie et à retourner leurs armes contre les nazis, à condition qu'ils sentent que les ouvriers français sont leurs alliés contre leur ennemi commun : la bourgeoisie de tous les pays.
Les ouvriers ne tomberont pas dans le piège de la bourgeoisie internationale qui veut les dresser les uns contre les autres, par le chauvinisme. Ils fusilleront les S.S. (qui portent l'aigle sur la manche et le signe S.S.). Ils fusilleront les agents de la Gestapo et les officiers réactionnaires, mais ils tendront aux soldats de tous les pays et d'abord aux soldats allemands une main fraternelle. Ils les aidero nt à former leurs comités de soldats, voilà la seule voie de la paix véritable."
Deuxième document : un appel de la IVe Internationale aux "Travailleurs de l'Europe ! - Soldats allemands et alliés" de juin 1944.
Dans cet appel uniquement motivé par la condamnation du débarquement anglo-américain en Normandie, l'Internationale trotskyste appelait les soldats américains et anglais à fraterniser avec les soldats allemands :
Dans cet appel uniquement motivé par la condamnation du débarquement anglo-américain en Normandie, l'Internationale trotskyste appelait les soldats américains et anglais à fraterniser avec les soldats allemands :
Soldats « alliés » !
Les financiers de New-York et de Londres vous envoient, non pas pour « libérer » l'Europe meurtrie, ruinée, dévastée, mais pour la soumettre à leur exploitation.
Refusez de servir leur plans de pillage et d'asservissement des masses laborieuses de l'Europe !
Fraternisez avec elles dans toutes leurs luttes pour leur émancipation sociale !
Fraternisez avec les soldats allemands !
Qu'on se rassure les trotskystes ne sont pas allés distribuer leurs tracts infâmes sur les plages de Normandie. Ils ont sûrement jugé que les conditions de sécurité n'étaient pas réunies pour une telle distribution.
On terminera avec La Vérité du 22 juin 1944. Outre un texte décrivant la situation de la France en ces termes : "Voici maintenant deux semaines que les troupes anglo-américaines ont débarqué en France", ce numéro se distinguait notamment par un article célébrant "Nos Alliés" c'est-à-dire les soldats... allemands.
De ce texte diffusé pendant les combats pour la libération de la France, on retiendra simplement le conseil que les trotskystes donnaient aux Français : "Parlons amicalement aux soldats allemands".
De ce texte diffusé pendant les combats pour la libération de la France, on retiendra simplement le conseil que les trotskystes donnaient aux Français : "Parlons amicalement aux soldats allemands".