Anarchistes, communistes, socialistes ou les Collabos de la première heure

Partisan de l'armistice, le Gouvernement Pétain engage le 17 juin 1940 des négociation avec le Chancelier Hitler pour mettre fin au conflit entre la France et l'Allemagne. Le lendemain, le Général de Gaulle s'exprime à la Radio de Londres pour dénoncer l'initiative pétainiste et appeler les Français à poursuivre le combat contre l'envahisseur allemand.

L'Appel du 18 juin 1940 qui marque le refus de tout armistice avec le régime hitlérien est l'acte fondateur de la Résistance française : "Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas".

Cette vérité historique n'empêchera pas après guerre les anarchistes, les communistes ou les socialistes de se présenter comme les Résistants de la première heure.

Cette imposture sera d'autant plus scandaleuse qu'elle aura pour finalité de faire oublier que les antifascistes de gauche ont été les Collabos de la première heure précédant même Pétain dans cette infamie. Pour étayer cette affirmation, on rappellera quelques faits volontairement oubliés.


Anarchistes

Après le déclenchement de la guerre le 3 septembre 1939, les anarchistes sont les premiers à se mobilisés pour la Paix avec l'Allemagne nazie.

En effet, c'est à la mi-septembre que Louis Lecoin, figure tutélaire de l'anarchisme français, diffuse le tract Paix immédiate" dans lequel il appelle les soldats français à déposer les armes : "Que les armées, laissant la parole à la raison, déposent donc les armes !". Les nazis ont dû apprécier cette manifestation de la Résistance anarchiste.

Placé en détention provisoire le 29 septembre, Louis Lecoin sera libéré par Vichy en août 1941 après une campagne de la presse collaborationniste en faveur de sa libération. Encore un exemple de l'engagement anti-nazi des anarchistes.


Communistes

Les communistes ratent de quelques jours l'honneur d'être les premiers à s'engager en faveur de la Paix avec l'Allemagne nazie.

En effet, c'est le 20 septembre que le Comité central du Parti communiste français adopte une résolution intitulé "ll faut faire la paix" dans laquelle il déclare :

"La guerre qui est imposée au peuple français et qu'il est pour ainsi dire le seul à supporter n'est plus en réalité une guerre antifasciste et antihitlérienne. [...]
Nous pensons qu'on peut assurer une paix durable et la sécurité française sans pousser des millions de nos frères à la mort et sans faire de la France un vaste cimetière.
La Paix, la Paix durable, tel est le cri qui monte des profondeurs du Pays et les antihitlériens les plus acharnés savent que la politique réactionnaire des gouvernements de Londres et de Paris sert Hitler au lieu de l'affaiblir.
La Paix est indispensable pensent tous ceux qui veulent que la France soit indépendante et ne soit jamais asservie par Hitler, mais qui ne veulent pas non plus qu'elle soit inféodée par les capitalistes anglais.
La Paix est indispensable pensent tous les démocrates qui savent qu'une guerre prolongée aura comme conséquence l'écrasement de toute les libertés et la généralisation d'un régime de violence et de régression sociale.
La Paix doit être faite sans tarder pensent tous ceux qui la placent au premier rang de leurs préoccupations d'intérêt du Peuple de France.
La Paix dans la sécurité de la France, voilà ce que veut le peuple de notre pays et ce n'est là ni une folle chimère, ni une anticipation."

Pacifiste, le Parti communiste adoptera une position favorable au Général de Gaulle et à la Résistance après le 22 juin 1941 et l'invasion de l'URSS par les armées allemandes.

Cette décision répondra aux Instructions de l'Internationale communiste contenues dans un télégramme daté du 25 juin 1941 :

"Le moment est venu rechercher et organiser contacts directs avec mouvement gaulliste, dont partisans comprennent que lutte héroïque peuple soviétique contre agression hitlérienne répond intérêts peuple français et que libération France est liée à victoire Union soviétique. Collaboration doit s'établir sur la base suivante. Lutte commune pour libération nationale. Efforts communs contre ennemi commun, le fascisme allemand". (1)


Socialistes

Partisan de la guerre contre l'Allemagne nazie, les socialistes le seront aussi de l'armistice franco-allemand signé le 22 juin 1940.

Illustration de ce fait, les parlementaires socialistes voteront le 10 juillet 1940 à une large majorité en faveur de l'attribution des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain : 90 pour, 36 contre.

Investi des pouvoirs constituants avec l'accord notamment de 90 parlementaires socialistes, le Maréchal Pétain institue dès le 11 juillet 1940 le Régime de Vichy en promulguant les Actes constitutionnels n° 1 et n° 2 en vertu desquels il est désigné "Chef de l'État français" cumulant sur sa personne les pouvoirs exécutif et législatif.


(1) B. Bayerlein, M. Narinski, B. Studer, S. Wolikow, Moscou, Paris, Berlin. Télégrammes chiffrés du Komintern, 1939-1941, 2003, pp. 441-442.

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